<![CDATA[^^Dj@ZairInfoS^^]]> http://djazair.dzblog.com L'Algérie et les algériens dans les médias et le combat pour «Une Algérie libre et heureuse» fr Wed, 14 May 2008 13:17:35 GMT Wed, 14 May 2008 13:17:35 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[Présidentielle 2007 : des millions d'électeurs n'auraient pas dû voter...]]> http://djazair.dzblog.com/article-240158.html La superficie totale de la France est 551 000 km². Le nombre d’électeurs inscrits est de 42 millions. Selon la Constitution, seuls 76 électeurs par km² auraient dû voter pour choisir entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal lors de la dernière élection présidentielle. Cela signifie que seul 1 électeur sur 1 000 pouvait participer au choix du président de la République. Chaque électeur aurait été lui-même choisi par le maire de sa ville ou de son village, seul habilité à décider qui peut voter ou non.

Étonnant, n’est-ce pas ? Stupide même, non ?

C’est pourtant bel et bien cette règle qui est appliquée pour choisir les représentants du culte musulman en France.

Décryptage

Tous les conseils régionaux du culte musulman (CRCM) fonctionnent donc selon ce système de scrutin ubuesque. Dans le cadre des CORELEC (Comités Régionaux des Elections) structures provisoires et inefficaces mises en place par les CRCM pour la “préparation” des élections, des fidèles mesurent approximativement, à la louche, sans véritable contrôle, la surface de chaque salle de prière ou de chaque mosquée. Ils obtiennent alors un nombre qui sera décisif pour le scrutin : c’est en effet ce nombre qui va déterminer le nombre de délégués, désignés par le seul président du lieux de culte, et qui pourront participer à l’élection des représentants des instances du culte musulman. Concrètement, plus la surface du lieu de culte est importante, plus les délégués qu’y sont rattachés seront nombreux. Et plus ils pèseront sur le scrutin et le choix des présidents des différents CRCM. Le nombre de délégués électeurs des lieux de culte est défini selon le barème suivant :

Téléchargez le règlement électoral

 

Superficie utile

(1)

Nombre de délégués

Catégories

1

Jusqu’à 100 m²

1

Salles de prière

2

3

4

5

6

7

8

De 101 à 200 m²

De 201 à 300 m²

De 301 à 400 m²

De 401 à 500 m²

De 501 à 600 m²

De 601 à 700 m²

De 701 à 800 m²

3

4

5

6

7

8

9

Salles de prière

et

mosquées

9

Plus de 800 m²

15

Grandes Mosquées

10

 

18

Grande Mosquée de Paris

(1) Calcul de la superficie utile : superficie de la ou des salles de prières + 20 % de la superficie des autres locaux effectivement utilisés pour le culte (surface utile). A titre indicatif sont inclus dans la surface utile : les salles d’ablutions, les bibliothèques, les salles de cours de religion musulmane, etc. Sont exclus du calcul : les parkings, les préaux, les cours, les jardins, les escaliers, etc.

(2) Pour les salles de prière des foyers de travailleurs non fermées au public, seule est prise en compte la superficie de la salle de prière.

Comment donc dans ces conditions réussir à mettre en place des structures représentatives ? Nous marchons sur la tête. Ce type de scrutin est non seulement insensé, mais encore injuste et surtout en complet décalage avec la réalité. En Alsace par exemple seules 250 personnes sur plus de 100 000 musulmans peuvent élire leurs « représentants ». Il n’est par ailleurs pas surprenant que les élections des présidents des CRCM soient le théâtre de tension et de manipulation en tout genre : c’est le mode de scrutin même qui le veut.

Pour autant, les solutions ne manquent pas. Permettre une plus juste représentativité est tout à fait possible. Nous en formulerons une.

Proposition de principe

La plupart des lieux de culte musulmans sont en France gérés par des associations dite de « loi 1901 ». De fait, ces associations obéissent à une législation précise et bien déterminée s’agissant des statuts, de la comptabilité, de la fiscalité etc. Elles fonctionnent par ailleurs la plupart du temps grâce aux adhésions de ses membres.

Par conséquent, la cohérence voudrait que ce soit tous les membres adhérents qui élisent leurs représentants et non seulement une poignée d’entre eux. L’enjeu de ces élections qui engagent l’avenir des musulmans de France est bien trop important pour qu’on le laisse à la seule discrétion de quelques-uns.

A cet effet, nous formulerons ci-après deux propositions pour une meilleure prise en compte de la réalité et une représentativité effective et démocratique des instances musulmanes de France.

  • Les membres adhérents des lieux de culte doivent être à jour de leur cotisation pour participer à l’élection de leurs représentants. On peut imaginer par exemple un système triangulaire de paiement des cotisations :
  1. le fidèle qui veut devenir ou qui est déjà membre de l’association qui gère sa mosquée ou sa salle de prière envoie sa cotisation directement au CRCM.
  2. Le CRCM encaisse le paiement, puis le reverse à l’association à laquelle le fidèle est adhérent.

En procédant de la sorte, on s’assure que les listes que possède le CRCM sont à jour, ainsi que les cotisations des adhérents. Il sera en outre possible d’avoir une liste précise des futurs électeurs.

  • Les associations gestionnaires des lieux de culte doivent être irréprochables sur le plan de leur comptabilité. Pour cela nous proposons que chaque année le bilan comptable et financier de l’association soit approuvé par un expert comptable, sans qu’il ne soit possible d’y déroger..

Ces propositions simples permettront de satisfaire le souci de la communauté musulmane d’être véritablement représentée.

Nous nous étonnons que le Conseil français du culte musulman (CFCM) n’est jamais modifié son règlement électoral. Un tel changement s’impose pour asseoir sa légitimité sur une réelle représentativité démocratique. Il faudrait, a minima, expérimenter un autre système de scrutin à l’échelle de 2 ou 3 régions pilotes avant de l’étendre à toute la France.

Revendiquons ensemble notre liberté, notre dignité et notre honneur. Signez et faites signer la pétition pour un rassemblement de nos forces, pour un égal bénéfice de la loi et une démocratie pour tous.

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Par Benabdellah SOUFARI, président du conseil régional du Culte musulman d’Alsace

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Sur le meme sujet: La Grande Mosquée de Paris ne participera pas aux prochaines élections du CFCM.

La Grande Mosquée de Paris débarquera du CFCM le 8 juin 2008

dalil.jpgLe samedi 11 avril 2008, la Fédération Nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP) s’est réunie dans le cadre d’une réunion du bureau exécutif pour débattre de sa participation ou non aux prochaines élections du Conseil Français du Culte Musulmans (CFCM) prévues le 8 juin 2008.

 

Il semblerait, selon nos sources d’information, qu’à l’unanimité, il a été décidé que la FNGMP ne participera pas aux élections du mois de juin, et, que cette dernière gèlerait dés à présent sa participation aux instances du CFCM.

Lire la suite…

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Wed, 14 May 2008 13:17:35 GMT http://djazair.dzblog.com/article-240158.html
Mémoires d'un Algérien. http://djazair.dzblog.com/article-240013.html Le docteur Ahmed Taleb-Ibrahimi qui côtoya longuement le président défunt, Houari Boumediene, témoigne dans le second tome de ses mémoires sur des faits peu connus du public qui participèrent à l’écriture de l’histoire récente de l’Algérie. Nous donnons ci-dessous, quelques bonnes feuilles qui, sans doute, expliquent quelques aspects demeurés obscurs de la politique de Boumediene et, singulièrement, sur le mystère qui entoura sa maladie. Voici quelques extraits ayant trait aux relations du Dr Taleb-Ibrahimi avec Boumediene, le séjour de celui-ci à Moscou et à Rabat (Sommet de l’OUA), enfin le récit sur les premières manifestations de la maladie qui emporta le président Boumediene.

Au cours de mes premiers pas de ministre, mes relations avec le Président sont espacées et revêtent un caractère professionnel. Accaparé par mes nouvelles responsabilités, je n’ai plus de vie sociale et n’appartiens à aucun clan. Je ne demande audience au Président que si l’affaire est impérative: un différend m’opposant à un collègue et qui requiert son arbitrage, une mission à l’étranger qui appelle ses directives, un besoin en locaux appartenant à d’autres ministères (notamment la Défense nationale) et inutilisés, pour les transformer en établissements scolaires. Je dois dire qu’il me reçoit avec diligence, que la quasi-totalité des demandes au profit de l’Education nationale est satisfaite et qu’il ne cesse d’aiguillonner la politique d’arabisation.
A chaque audience, je pose le problème de la libération de Hocine Aït Ahmed et Mohamed Benahmed, dit Moussa, qu’il m’avait pourtant promise au lendemain du 19 juin 1965. Mon insistance semble l’agacer. C’est pourquoi, de guerre lasse, je renonce à l’évoquer tout en continuant de recevoir la famille d’Aït Ahmed et régler les problèmes de scolarité ou de santé qui se posent à elle. Son neveu Chafik est l’une des rares personnes à qui mon bureau est ouvert chaque fois qu’il désire me voir. On me conseille de faire intervenir le premier cercle des intimes de Boumediene qui, semble-t-il, est seul capable de l’influencer. C’est pourquoi je me rends auprès de Kaïd, Medeghri, Chérif Belkacem et Bouteflika pour poser le problème. Curieusement, j’obtiens la même réponse auprès de mes quatre interlocuteurs.
«Pour Moussa, il m’est plus facile d’intervenir car je le connais et il a travaillé avec nous, mais pour Aït Ahmed, il vaut mieux voir avec le Président lui-même.» Effectivement, seul Benahmed sera libéré. Au cours de l’entretien avec Bouteflika, je me fais accompagner par Ait Chaalal qui approuve mes démarches. Au moment de nous quitter, j’exprime au ministre des Affaires étrangères mon souhait de voir notre ami commun servir dans la diplomatie. Quelques jours plus tard, il est nommé ambassadeur à Rome. Quant à Aït Ahmed(1), il demeure incarcéré et lorsqu’il s’évade, le 30 avril 1966, Boumediene me dit: «J’aurais dû t’écouter.» Je ne formule aucun commentaire.
Autre sujet de mésentente: la torture. Au printemps 1966, je reçois mon ami Claude Roy, écrivain français qui, à deux reprises, a pris ma défense dans les colonnes du journal Le Monde: lors de ma maladie dans les prisons françaises en 1961 et lors de mon incarcération par Ben Bella en 1964. Il m’annonce qu’il est venu à Alger pour protester contre l’utilisation de la torture par les autorités algériennes dont je suis partie prenante.
Je lui exprime mon étonnement et mes doutes. Il me remet alors un dossier sur la question. Armé de ce dossier, je demande à voir Boumediene pour lui dire pour la énième fois l’horreur que m’inspire la torture. «Si bavure il y a, me dit-il, elle est du ressort d’agents subalternes car j’ai signé personnellement une directive destinée aux services de sécurité interdisant l’emploi de la torture». Et il me montre cette directive interne dont j’entends parler pour la première fois. Je lui fais remarquer que cela ne suffit pas -et qu’il faudrait, si les informations de Claude Roy s’avéraient exactes, sanctionner les coupables de sévices. Il me promet que cela se fera. Je le quitte relativement rasséréné. Mais le soir, chez moi, je me livre à une profonde réflexion sur les intellectuels et le pouvoir. Je me remémore la figure du sultan Abdulhamid qui a voulu utiliser Djameleddine El-Afghani de même que la figure de Catherine II, impératrice de Russie, despote intelligente et cruelle, qui a réussi à utiliser les philosophes français (Voltaire, Diderot notamment) comme relais d’opinion. Je me demande si, comme eux, toutes proportions gardées, je ne suis pas pris au piège des promesses et des illusions. Est-ce là le lot des intellectuels?
Je ne cesse de répéter à Boumediene que tout ce que réalise le pouvoir en faveur du relèvement du niveau matériel et intellectuel du peuple sera effacé par la moindre atteinte aux droits de l’homme, par un seul acte de torture. Comment le citoyen algérien peut-il être tranquille s’il sent que son honneur, sa dignité et sa vie sont à tout instant à la merci des services de sécurité? Je m’appuie sur un verset coranique qui m’a toujours interpellé: «Puissent-ils adorer le Seigneur de ce temple Qui veille à leur nourriture, les mettant à l’abri de la faim, et assure leur sécurité, les délivrant de la crainte» (CVI, Set 4). Si pour adorer Dieu, Celui-ci doit nous garantir le bien-être et la sécurité, a fortiori pour adhérer à un régime politique, ce dernier doit nous préserver de la faim et de la peur.
L’essentiel est de rester lucide, d’agir selon ses convictions et de ne jamais perdre l’estime de soi-même: lorsque Aragon chante les louanges de Staline, il n’est plus Aragon.
On peut dire aujourd’hui que Boumediene a passé les trois premières années à consolider son pouvoir en luttant sur plusieurs fronts:
-sur le front intérieur, en gérant au mieux les contradictions au sein du Conseil de la Révolution. Il rencontrera des difficultés parmi ses compagnons qui lui reprochent ou l’absence de concertation ou d’être prisonnier du groupe d’Oujda (Kaïd, Medeghri, Bouteflika, Chérif Belkacem). C’est ainsi que l’on assiste à la défection de Ali Mendjli, Boumaza, Mahsas puis à la tentative de coup d’Etat dirigée par le colonel Zbiri, soutenu par le colonel Youcef Khatib puis à la tentative d’assassinat du Président Boumediene. Celui-ci aura, par ailleurs, à affronter ses adversaires politiques qui ont condamné l’action du 19 juin, à l’intérieur de l’Algérie (regroupement de la gauche dans une organisation clandestine, l’Organisation de la Résistance populaire) et à l’extérieur (le parti de la Révolution socialiste de Boudiaf, l’Organisation Clandestine de la Révolution algérienne de Lebjaoui et à partir de 1968, le Mouvement pour la Défense de la Révolution Algérienne de Krim Belkacem).
-à l’étranger, le timing choisi pour le renversement de Ben Bella desservait le nouveau régime puisqu’il se situait à la veille de la tenue à Alger d’un événement important pour le Tiers-monde, la seconde Conférence afro-asiatique après Bandung: réprobation à Moscou, perplexité au Caire, condamnation par les pays progressistes africains, silence pesant à Pékin. Les différents courants de la gauche arabe y voient «un virage à droite», l’Arabie Saoudite une action communiste, tandis que le Parti communiste français la qualifiait de «fasciste» et se lançait dans une campagne tous azimuts pour isoler l’Algérie(2)
Plus tard, Boumediene me confiera qu’il s’est parfois senti mortifié par l’accueil de ses pairs lorsqu’il a assisté, en tant que chef d’Etat, à des réunions africaines.
Il a fallu attendre la guerre des Six-Jours de juin 1967 pour voir Boumediene remonter la pente quand, traduisant les sentiments du peuple algérien, il déclara la guerre à Israël, se rangea aux côtés de l’Egypte, de la Syrie et de la Jordanie en leur fournissant hommes, armement et toute forme d’aide, rompit ses relations diplomatiques avec les USA et interdit l’exportation de pétrole à destination de ce pays et de la Grande-Bretagne en raison de leur soutien à l’agression israélienne.

Les voyages de Boumediene
La première visite officielle du Président est réservée à l’Union soviétique et elle se déroule du 14 au 17 décembre 1965. Ce choix est certainement dicté par la volonté de démentir cette idée répandue alors, à savoir que le changement du 19 juin 1965 a pour objectif principal l’abandon de la voie socialiste initiée par le Président Ben Bella, le seul haut responsable algérien à avoir reçu les plus hautes distinctions soviétiques: «Ordre de Lénine» et «Héros de l’URSS».
L’accueil à l’aéroport est plutôt froid, ce qui indispose Boumediene. Et lorsqu’il prendra connaissance du programme officiel de la visite, son exaspération est à son comble. En effet, la réception au Kremlin - consécration suprême de toute visite de Chef d’Etat ami - n’y figure pas, elle est remplacée par un meeting dans une usine. Boumediene décide d’écourter sa visite et de prendre le chemin du retour dès la fin des entretiens officiels fixés au lendemain matin.
Ceux-ci ont lieu au Kremlin. Podgorny, Président du présidium du soviet suprême, les ouvre en donnant la parole à Kossyguine, Chef du Gouvernement. Celui-ci se lance dans un long développement sur la politique intérieure et extérieure de l’URSS, sans s’attarder sur les relations bilatérales qui «sont bonnes mais méritent d’être. clarifiées» (allusion au 19 juin). Sur ce point, Boumediene l’interrompt en ces termes: «Je demande au camarade Kossyguine de parler sans mettre les formes, car nous sommes venus pour dissiper tout malentendu.»
(...) S’agissant de la politique extérieure, Kossyguine brosse un tableau détaillé des conflits régionaux et des interférences étrangères, tout en mettant l’accent sur le rôle négatif de la Chine populaire, son rival idéologique, «ce qui sert, dit-il, les intérêts de l’impérialisme.» Il invite l’Algérie à «consolider le camp socialiste» en coopérant davantage avec les pays socialistes à travers le monde.
Kossyguine donne ensuite la parole à Boumediene: «Nous sommes au mois de décembre, c’est l’heure des bilans, je vous écoute». Boumediene improvise alors un exposé remarquable, en arabe, sur «l’Algérie qui a combattu vaillamment le colonialisme et qui oeuvre patiemment pour reconquérir son indépendance, sa dignité et sa souveraineté en comptant uniquement sur ses ressources matérielles et humaines et en restant fidèle à ses valeurs traditionnelles, notamment au principe de justice sociale qui fait de nous les défenseurs acharnés d’une distribution équitable du revenu national au bénéfice de tous les Algériens». Il évoque dans le détail nos efforts pour bâtir une société socialiste, et nos projets dans tous les domaines: éducation, santé, communication, industrialisation, réforme agraire, etc. Il brosse un brillant tableau de l’Algérie telle qu’elle est (l’ampleur de la tâche et la modicité des moyens, notre indigence en cadres et la force de notre foi) et telle qu’il la rêve.
Cet exposé qui nous a permis de découvrir le Boumediene des grands jours, impressionne nos interlocuteurs. Kossyguine conclut les entretiens en ces termes: «Ce qui nous réjouit, c’est votre engagement de rester dans la voie socialiste. Vous avez des ressources naturelles et des cadres révolutionnaires pour bâtir un Etat socialiste sans chômage et avec un revenu élevé par tête d’habitant.» Et pour dire que les malentendus sont dissipés, il fait le parallèle des relations entre les peuples d’une part, et les relations entre compagnons d’armes «qui sont différentes» d’autre part. Les intérêts des Etats d’abord. La spécificité du socialisme algérien est reconnue, tel que Boumediene l’a développé devant ses hôtes (...)

Boumediene et le traité d’Ifrane
Le IXe sommet de l’OUA se tient à Rabat du 12 au 15 juin 1972.
L’ouverture a lieu à l’hôtel Hilton de Rabat. Les chefs d’Etat sont logés dans des villas appartenant aux dignitaires marocains (Boumediene est à la villa de Driss Slaoui) tandis que le reste des délégations est au Hilton. Les travaux du sommet se déroulent dans le Palais d’hôtes de Rabat. Dans son discours inaugural, Hassan II rend hommage au rôle du Président algérien dans la réconciliation Guinée-Sénégal et à sa décision de retirer à l’OUA l’examen du dossier relatif au différend frontalier algéro-marocain. Le 13 juin, les 40 pays représentés au sommet adoptent à l’unanimité une résolution demandant que le prochain sommet des pays non-alignés se tienne à Alger. Le 14, c’est l’élection du nouveau secrétaire général de l’OUA.
Toute la nuit du 14 au 15, Mouloud Kassim et moi-même nous la passons à ciseler le discours que doit prononcer Boumediene le lendemain à la séance de clôture qui voit la signature des conventions historiques réglant définitivement le différend algéro-marocain de 1963. La cérémonie a lieu en présence de membres du Conseil de la Révolution et du Gouvernement qui nous ont rejoints le jour-même. Heureux aboutissement, qui réjouit les peuples algérien et marocain, à la suite d’un long processus engagé à Ifrane et poursuivi à Tlemcen. Nous n’avons pas le droit de distraire nos forces dans de faux problèmes, artificiellement créés par l’ennemi. Au contraire, nous devons consacrer toutes nos énergies pour gagner la bataille du développement économique et social.

La maladie et la mort du Président: Mission à Moscou
Cet événement représente à l’évidence un pas vers la construction du Grand Maghreb. La joie qui se lit sur les visages nous renforce dans la conviction qu’une page est tournée et qu’une étape vient d’être franchie dans cette voie.
Le 20 septembre 1978, à 11 heures, tous les membres du Conseil de la Révolution et du Gouvernement se retrouvent au Palais du peuple, puis se rendent à l’aéroport pour saluer à la fois le Président cubain Fidel Castro et sa délégation qui quittent Alger après un séjour de 24 heures, et le Président Boumediene qui s’envole pour Damas où doit se tenir le 3e sommet des pays arabes, membres du «Front de la fermeté».
La délégation qui l’accompagne se compose de Bouteflika, ministre des Affaires étrangères, de Yahiaoui, responsable exécutif, chargé de l’appareil du Parti, et de moi-même, en qualité de ministre conseiller du Président. Au cours du vol, nous sommes tous les trois intrigués par l’attitude de Boumediene, d’habitude si détendu lors de ses déplacements, et qui, aujourd’hui, se montre taciturne, voire un peu triste. Il n’a pas son cigare habituel et boit sans cesse de l’eau minérale. Par ailleurs, ce n’est pas son médecin habituel qui l’accompagne, mais un urologue en la personne du professeur Abdelhaq Oucherif. Personne n’ose l’approcher, mais je finis par l’interroger sur son état de santé. Il me répond qu’il a une fièvre tenace qui l’empêche de dormir et que son médecin lui a recommandé de ne pas fumer.
Nous arrivons à Damas à 17 heures. Le Président Hafedh Assad est là. Après le cérémonial, nous nous rendons directement à notre réunion, où, après la séance d’ouverture, les travaux vont durer jusqu’à 2 heures du matin. Là aussi, nous remarquons que quelque chose «cloche» chez le Président. Lui, habituellement si patient, si courtois, se montre maintenant irritable et cassant. Le lendemain a lieu la seconde séance, à 10 heures, et Boumediene n’a toujours pas la forme. II nous charge, Yahiaoui et moi, de convaincre George Habache et Nayef Hawatmeh d’arrondir les angles avec Yasser Arafat qui vient de s’envoler pour Amman, en compagnie du Président libyen Kaddafi. Le vendredi 22 septembre, Boumediene réunit toutes les factions palestiniennes, dans une ultime tentative de faire taire leurs divergences. Après la séance de clôture qui se tient le samedi 23 septembre à 22 heures, notre hôte, le Président Hafedh Assad, insiste pour que Boumediene passe la nuit à Damas, avant de s’envoler le lendemain pour Alger. Mais à la surprise générale, celui-ci s’obstine à vouloir partir sur-le-champ, prétextant qu’il ne peut ajourner le conseil des ministres du dimanche.
(...) Le dimanche 24 septembre, nous débarquons à Alger, à 4 heures du matin. Nouvelle surprise, nous l’entendons demander à Allahoum, Secrétaire général de la Présidence de faire annuler le conseil des ministres prévu ce jour. Je me repose chez moi, lorsqu’à 15 heures, Allahoum me téléphone pour m’annoncer que le Président souhaite me voir. A la Présidence, je retrouve Bouteflika, et nous sommes introduits dès notre arrivée, auprès de Boumediene. A notre grande stupéfaction, il prononce les phrases suivantes, ponctuées de longs silences -Je ne vous ai pas appelés en tant que ministres, mais en tant que frères...-Je, vous ai appelés pour une question personnelle...-Il. s’agit d’un problème de santé... -Un problème grave...
Je m’empresse de lui demander s’il s’agit d’un problème cardiaque. Après un moment, il finit par nous expliquer que c’est l’appareil urinaire qui est affecté. Il a fait une hématurie le 12 septembre dernier et les radiographies ont révélé une tumeur maligne de la vessie. Puis il nous quitte, feignant d’aller aux toilettes. Au bout de quelques minutes, il revient pour s’enquérir du résultat de nos réflexions. Je prends la parole pour souligner qu’il est difficile d’établir un diagnostic définitif sur la base d’une radiographie, aussi précise soit-elle. Il répond que le professeur Oucherif a montré les radios à son patron parisien, le professeur Couvelaire, (en prétendant qu’il s’agissait de son père) qui a confirmé le diagnostic. Il a ajouté: «Pour assurer la discrétion nécessaire sur mon état de santé, mieux vaut envisager un traitement à l’étranger. Mais vous risquez de me ramener dans un cercueil. Faites-moi vos propositions en excluant au préalable la France, pour de multiples raisons.»
Nous évoquons d’abord les USA où la médecine a réalisé les plus grands progrès. Il écarte cette hypothèse car, dit-il, «le secret n’est pas assuré, sans compter le danger que représente la CIA: nous serions dans la gueule du loup»...Alors Bouteflika et moi avançons des pays européens comme l’Allemagne, la Suisse, la Suède, l’Autriche, etc. Mais à chaque fois il fait la moue. II reste l’URSS, dit Abdelaziz. Sur le visage de Boumediene, se lit une sorte de satisfaction et je comprends alors que sa décision était prise, mais qu’il voulait nous y amener, nous aussi, insensiblement. Il me demande de me préparer à quitter rapidement Alger pour Moscou, afin de rencontrer Kossyguine, chef du gouvernement soviétique, et préparer avec lui les conditions de son hospitalisation. Bouteflika déclare: «Le choix de Si Ahmed pour cette mission est d’autant plus judicieux qu’il est médecin». Et Boumediene de répliquer: «J’ai déjà dit que je vous ai appelés en tant que frères.» Nous prenons congé du Président et restons ensemble Bouteflika et moi un long moment, sur le seuil de la Présidence, abasourdis, incapables d’échanger des paroles ou des impressions sur ce que nous venons de vivre.
Le 26 septembre, Boumediene demande à me voir, mais cette fois chez lui, à Zéralda. Je le trouve physiquement fatigué et moralement affaibli; il se plaint toujours de fièvre, d’inappétence, de diarrhées. Son épouse, très éprouvée, est près de lui. J’essaye la psychothérapie pour lui apporter un peu de réconfort. Il me donne ses dernières instructions avant mon départ pour Moscou et me demande également de voir le professeur Oucherif que je rencontre le lendemain, à la Présidence. Nous avons une discussion médicale au cours de laquelle j’évoque la possibilité d’une bilharziose, en raison d’un long séjour au Caire, car elle est susceptible de donner une image radiologique évocatrice d’un cancer de la vessie. Le professeur Oucherif, fort de l’avis de ses professeurs, s’en tient au diagnostic initial.
Le 27 septembre, Bouteflika m’accompagne à l’aéroport où, à 13heures, je prends l’avion d’Aéroflot pour Moscou, via Budapest. Je suis accueilli par Chvedov, directeur des affaires africaines au ministère soviétique des Affaires étrangères, qui me conduit dans une villa d’hôte, la n°l1, sur le mont Lénine. Tout au long du trajet, Chvedov veut connaître les sujets que je souhaiterais aborder avec le Président Kossyguine. Le lendemain, à 14 heures, Kossyguine, accompagné de plusieurs collaborateurs, me rejoint à la villa n°11 pour une séance de travail. Je demande une rencontre en tête-à-tête au cours de laquelle je lui expose, en la forme, les véritables raisons de mon déplacement: le Gouvernement de l’URSS est-il prêt à prendre, dans la discrétion la plus absolue, la responsabilité d’assurer des soins appropriés au Président Boumediene qui, selon les radiographies que je lui remets, serait atteint d’une tumeur de la vessie?
Tout en exprimant les sentiments d’affection et d’estime qui le lient au Président Boumediene, Kossyguine dit qu’il ne peut me répondre sur-le-champ et me fixe un rendez-vous pour 15 heures. En fait, il est de retour à midi trente et m’annonce qu’il a informé le camarade Brejnev de la situation. Ce dernier, en présence du ministre de la Santé, a réuni une commission d’académiciens qui se déclarent prêts à assurer la mission qui leur est demandée, ajoutant que des centaines de cas similaires ont déjà été traités par eux.
Je téléphone à Allahoum, selon un code convenu entre nous, pour l’informer du résultat de ma démarche, et le 29 septembre à 16 heures, Boumediene arrive par un courrier spécial, accompagné de son épouse, de Bouteflika, du directeur du protocole Mouloud Hamrouche, du responsable de sa sûreté personnelle, Abdelmalek Kerkeb et du professeur Oucherif. Pour l’accueillir, nous sommes trois: Kossyguine, Chvedov et moi. (...) Du 30 septembre au 5 octobre, tous deux résidons ensemble à la villa n°11 que nous ne quittons -discrétion oblige- que pour nos visites quotidiennes à Boumediene. Les médecins sont très stricts quant à la durée de nos visites, mais le Président réagit, arguant que celles-ci font partie de sa thérapie.
Au fil des jours, nous le voyons de plus en plus reposé et détendu. Le 2 octobre, Chvedov nous rend visite, pour nous apprendre «une bonne nouvelle», dit-il. Les médecins s’orientent de plus en plus vers l’élimination du diagnostic relatif à la présence d’une tumeur maligne. Reste la fièvre dont ils essaient de détecter l’étiologie. Lors de cette visite, notre hôte m’offre un Coran et le «Sahih de Boukhari», tous deux imprimés en URSS.
(...) Le 3 octobre, nous l’informons de l’arrivée d’un message que, précisément, le souverain marocain vient de lui envoyer, accusant l’Algérie d’escalade militaire au Sahara occidental. Il nous demande de préparer une réponse, à la lumière de ses directives, à laquelle nous nous consacrons toute la journée et la soirée du 4 octobre et qui sera publiée à la «une» de nos quotidiens du 5 octobre, sous le titre: «Jamais aucun soldat algérien n’a franchi les frontières nationales, celles que nous avons scellées ensemble en 1972» avec cette profession de foi: «Le moment est de dire avec la plus grande solennité qu’il n’y a aucun contentieux bilatéral entre l’Algérie et le Maroc. Nos peuples doivent le savoir et le monde aussi. Il est vrai qu’il n’est pas toujours facile de choisir entre une politique d’intérêts et une politique de principes. L’Algérie, quant à elle, a choisi, souvent au détriment de ses intérêts propres, une politique de principes sans laquelle le peuple algérien ne serait ce qu’il est et ce qu’il doit être». Le 5 octobre, nous lui faisons une visite d’adieu. Il ne cache pas sa tristesse de nous voir quitter Moscou, Bouteflika se rendant à New York pour participer aux travaux de l’Assemblée générale de l’ONU et moi, retournant à Alger. Le 6 octobre, dans la voiture qui nous conduit à l’aéroport, Chvedov nous informe que le microbe responsable de la fièvre est identifié: «Le Président souffre d’une simple paratyphoïde B et il pourra reprendre ses activités très prochainement.» Notre joie et notre soulagement sont immenses quand nous prenons l’avion pour Paris, escale où nous nous séparons, chacun se dirigeant vers sa propre destination.

Les inter-titres sont de la rédaction

Bonnes feuilles du second tome d’Ahmed Taleb-Ibrahimi «Mémoires d’un Algérien» La passion de bâtir (1965-1978)

R.N (L' Expression)

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Tue, 13 May 2008 19:11:08 GMT http://djazair.dzblog.com/article-240013.html
La négation de l'Etat palestinien. http://djazair.dzblog.com/article-239683.html IL Y A 60 ANS, L’ONU CRÉAIT ISRAËL

«Si Sa Majesté le Sultan nous donnait la Palestine, nous pourrions nous faire forts de régler complètement les finances de la Turquie», Théodor Herzl (le théoricien du sionisme)

La tragédie palestinienne aura bientôt cent ans. Tout commença véritablement en 1917 avec la fameuse Déclaration Balfour. Bref, flash-back sur l´importance de cette déclaration: Dany Ayalon, ambassadeur d´Israël à Washington, a déclaré le 31 octobre 2006 que la lettre que le président George W.Bush avait écrite à Ariel Sharon le 14 avril 2004, était "plus importante que la Déclaration Balfour" pour Israël. Pour l´histoire, le 2 novembre 1917, Arthur Balfour, ministre des Affaires étrangères britannique, publiait une lettre ouverte qui fit date dans l´histoire du mouvement sioniste. Il y écrivait au nom du cabinet de Lloyd George: "Le gouvernement de Sa Majesté voit favorablement l´établissement d´un foyer national juif en Palestine." Cette déclaration marquait une étape importante du projet sioniste et le liait à la Palestine et non plus à l´Argentine ou à l´Est africain (actuel Ouganda) comme il en était question à l´époque.
Bien plus tard, le 14 avril 2004, dans une lettre à Sharon, le président états-unien, à l´instar de Dieu et de Balfour, "promet" pour la troisième fois, la "terre de Palestine " aux Juifs. Il réfute le droit au retour de 3,7 millions de réfugiés palestiniens. Ce faisant, M.Bush rompt avec la politique de ses prédécesseurs et bafoue les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies et l´article 49 de la 4e Convention de Genève. Israël a déjà choisi le président américain à élire par les Américains. Pour succéder à George Bush, considéré comme le "meilleur ami" qu´ait jamais eu Israël à la Maison-Blanche, le favori des Israéliens ne fait guère de doute: il s´agit du républicain John McCain. Israël fête, dit-on, le 60e anniversaire de la démolition définitive de la Palestine et de l´errance du peuple palestinien. Voyons comment cela est arrivé avec Pierre Stambul intellectuel français de confession juive. Son analyse lucide nous paraît résumer objectivement la situation. Nous rapportons quelques extraits: " Les Israéliens parlent de l´indépendance d´Israël, proclamée le 14 mai 1948 et aussitôt entérinée par l´ONU. Pour les Palestiniens, c´est la Naqba, la catastrophe, la destruction de leur société et de leurs villages suivie de l´exil de la grande majorité de la population. Aujourd´hui, il y a environ 5 millions de Juifs et 5 millions de Palestiniens qui vivent entre Méditerranée et Jourdain. Les premiers ont un Etat dit " juif " et occupent 90% de l´espace. Les seconds connaissent marginalisation, discriminations, assassinats "ciblés", misère et privation des droits élémentaires. Une injustice majeure a été commise: un nettoyage ethnique et l´expulsion de tout un peuple de sa terre. Il n´y aura pas de paix sans réparation et cette paix devra reposer sur les droits fondamentaux qui s´imposent à tou-te-s. L´histoire de la Palestine ancienne repose en partie sur les mythes bibliques...Les Juifs d´aujourd´hui sont largement les descendants de Berbères, Espagnols, Allemands, Khazars convertis au judaïsme et les Palestiniens sont un peuple autochtone, descendant de ceux qui sont restés en Palestine après la destruction du temple".(1)

Le nettoyage ethnique de la Palestine
"Existe-t-il un peuple juif? Les Juifs du Maghreb, ceux de l´ex-empire russe ou ceux du Yémen n´ont pas grand-chose à voir entre eux. Il y a pour les Juifs dispersés une communauté de destin liée à la religion. Les Juifs ont appris à vivre ou à survivre dans une situation de minorité. S´ils avaient un statut en pays musulman, ils ont subi en pays chrétien une longue suite de discriminations et de persécutions. L´antijudaïsme chrétien a produit l´interdiction de posséder la terre, l´enfermement dans le ghetto, les expulsions (la plus importante étant celle d´Espagne) et les pogroms. C´est dans ce contexte qu´est apparu le sionisme. C´est un projet multiforme. Il a un côté nationaliste. Il crée une notion revisitée de "peuple juif" avec une nouvelle langue (l´hébreu) se substituant aux langues de la diaspora. Les sionistes s´emparent du récit biblique pour revendiquer un prétendu retour en terre promise La Palestine est présentée comme une "terre sans peuple pour un peuple sans terre". Comment conquérir un pays? Le sionisme a incontestablement un aspect colonialiste. Depuis plus d´un siècle, la même stratégie s´applique: s´emparer des terres, institutionnaliser le fait accompli, marginaliser le peuple autochtone, détruire son organisation sociale, expulser, repousser la frontière. En Palestine, comme dans les pays voisins, existait une communauté juive qui vivait sans heurts avec les Palestiniens d´autres religions. C´est la colonisation sioniste et la volonté de créer un Etat Juif qui déclenchent, dès les années 1930, le conflit actuel. La colonisation de la Cisjordanie entreprise après 1967 n´est pas un accident de l´histoire. Elle est la suite logique des terres palestiniennes confisquées après la Naqba et de la destruction des villages".(1)
"Le sionisme a également transformé Israël en pion avancé de l´Occident et de l´impérialisme au Proche-Orient. Aujourd´hui, Israël reçoit une aide colossale publique et privée des Etats-Unis et en même temps, aucun dirigeant américain ne semble en mesure de s´opposer à une décision qui ferait consensus chez les dirigeants israéliens. Le sionisme a gommé les différences idéologiques. Le sionisme utilise la peur comme un carburant: "les Israéliens ont peur de ne plus avoir peur". Le partage de 1947 de la Palestine n´était pas seulement incompréhensible pour les Palestiniens (au nom de quoi les a-t-on amputés de leurs terres ancestrales?), mais il était très inégalitaire: l´Etat juif prévu par la partition était plus grand que l´Etat palestinien alors que les Juifs étaient moins nombreux. Au coeur de l´Etat palestinien, Jérusalem était internationalisé. Un tel partage était inacceptable. La guerre israélo-arabe est présentée en Israël comme le combat de David contre Goliath, le "pauvre Israël" étant encerclé par des voisins hostiles. En réalité, il y avait un énorme déséquilibre en faveur des Israéliens. Ceux-ci ont, au début du conflit, 50.000 hommes en armes contre à peine 10.000 chez les Palestiniens. Et leur armement est beaucoup plus sophistiqué. De plus, aux côtés de l´armée israélienne et agissant de façon complémentaire, il y a les milices des futurs Premiers ministres israéliens (l´Irgoun de Menahem Begin et le groupe Stern d´Ytzhak Shamir) qui n´hésitent pas à massacrer les civils. Avant même le 14 mai, plus de 350.000 Palestiniens ont déjà été chassés de chez eux. Plusieurs documents de la Haganah (l´armée "officielle" israélienne) montrent que l´expulsion a été intentionnelle. L´historien Ilan Pappé parle du Plan Dalet qui a organisé ce nettoyage ethnique. Quand la propagande israélienne répète inlassablement que "les Arabes sont partis d´eux-mêmes" à l´appel de leurs dirigeants, il s´agit d´un mensonge fondateur destiné à masquer le crime qui s´est déroulé, il y a 60 ans."(1)
"La " communauté internationale", malgré la guerre froide, a trouvé un consensus facile: se débarrasser du problème juif sur le dos d´un peuple innocent. Le peuple palestinien a été trahi par les dirigeants des pays arabes voisins. Le bilan de la guerre de 48, ce sont surtout 800.000 expulsé (es). Les villages ont été détruits et leur trace a souvent été effacée. Dès 1949, les terres des expulsé (es) ont été confisquées. Israël a reconnu formellement le droit au retour des Palestiniens au moment des armistices de 1949, mais tout a été fait pour rendre impossible ce retour. Les Palestiniens qui ont échappé à l´expulsion en 1948 forment aujourd´hui avec leurs descendants 20% de la population israélienne. Certains dirigeants israéliens regrettent "qu´on n´ait pas achevé la guerre de 48", qu´on n´ait pas expulsé tous les Arabes. Dans un Etat qui se définit comme juif, les non-juifs sont des citoyens de seconde zone. Le peuple palestinien est un peuple de réfugiés. A priori, le nettoyage ethnique de 1948 ne diffère pas fondamentalement de la conquête et des annexions de 1967. La colonisation des territoires palestiniens est devenue centrale dans le projet sioniste. Quelle issue? Quelle solidarité? La paix basée sur l´égalité et la justice passe avant tout par la fin de l´impunité d´Israël. Il faut un boycott politique, économique, sportif, moral à l´image de celui qui a fait plier le régime de l´Apartheid".(1)
D´où viendrait le salut pour la cause juste des Palestiniens. Paradoxalement et devant un monde tétanisé, l´espoir viendrait autant du réveil de la conscience du monde que de celle de certains intellectuels juifs laïcs et religieux israéliens dont certains prennent des positions courageuses. Michel Warchawski, israélien de l´organisation pour la paix "Gush Shalom", ne dit pas autrement quand il milite pour un seul Etat binational, un seul Etat laïc, une Palestine-Israël dénouée de ses liens fondamentalistes avec les doctrines juives, chrétiennes et musulmanes pour que tout un chacun puisse vivre en paix dans sa culture et sa religion au sein d´une société démocratique.
Ainsi, en Israël, les nouveaux historiens israéliens créent la controverse. Un certain récit de l´épopée sioniste est remis en cause par plusieurs Israéliens qui soulignent la responsabilité de Ben Gourion dans l´expulsion de plus d´un demi-million de Palestiniens. Deux cent mille ont été contraints à l´exil avant même la proclamation de l´État d´Israël, le 14 mai 1948. Depuis une vingtaine d´années, ce récit du vainqueur est remis en cause par une poignée de "nouveaux historiens" israéliens, notamment Ilan Pappé, dont le dernier ouvrage vient de paraître chez Fayard sous le titre choc: Le Nettoyage ethnique de la Palestine. S´appuyant, notamment sur des archives israéliennes déclassifiées, ces chercheurs affirment que l´expulsion des Arabes de Palestine en 1948-1949 a été conduite sciemment par les dirigeants sionistes, au premier rang desquels David Ben Gourion. Dès septembre 1945, trois organisations juives, la Haganah, l´Irgoun et le Lehi, lancent des attaques conjointes contre l´armée britannique. 29 novembre 1947: l´ONU adopte la résolution 181 partageant la Palestine en un État juif, un État arabe et un statut international pour Jérusalem. Alors que les deux tiers des habitants sont arabes, l´ONU attribue 56% des territoires aux juifs et 42% aux habitants arabes. "Le sionisme, en tant que courant despotique et agresseur, agit aux antipodes des enseignements du Livre saint des juifs, la Torah", estiment les membres de l´association juive de Natury Karta, groupe antisioniste aux Etats-Unis, dans un communiqué à l´occasion du 60e anniversaire de la création du régime usurpateur sioniste. Sans Israël, affirment ces rabbins, les conflits s´arrêteraient au Moyen-Orient, d´autant plus qu´au nom du judaïsme, il commet de nombreux crimes contre les Palestiniens, il les tue et les expulse de leurs propres maisons".(2)
Pour sa part, le Pr Zand de l´université de Tel Aviv va plus loin pour démonter la mécanique du mythe fondateur de l´Etat juif, à savoir "le peuple juif" son ouvrage vise à promouvoir l´idée qu´Israël devrait être un "Etat de tous ses citoyens" -juifs, Arabes et autres- par opposition à son identité proclamée de "pays juif et démocratique".(3)
Le journaliste israélien Tom Ségev commentant cet ouvrage écrit à ce propos: " Dans leur majorité, les Juifs dits de la "diaspora" n´ont aucune attache ancestrale avec la Palestine et que les Palestiniens ne sont pas autre chose que les autochtones de la Palestine: cet article sera surtout utile pour ceux qui persistent à voir dans le conflit palestino-sioniste un différend de nature religieuse et, entre deux légitimités dont l´une se fonde sur un droit au retour après un exil bi-millénaire. Comme on le savait, mais c´est bien de l´entendre dire par un historien, ce long exil est une fiction. Et la tragédie palestinienne n´est que le résultat d´une oeuvre coloniale tout ce qu´il y a de classique, à quelques nuances près. D´après Zand, le besoin pour le sionisme d´imaginer pour eux une ethnicité partagée et une continuité historique, a conduit à une longue série d´inventions et de fictions à côté de l´invocation de thèses racistes. Il n´y a pas de diaspora juive".(4)

La fuite en avant des Arabes
Comment l´Etat d´Israël a-t-il été créé? Théodor Herzl, le père du sionisme, écrivait en septembre 1897: "Si je devais résumer le Congrès de Bâle en un mot, ce serait celui-ci: à Bâle, j´ai fondé l´État des Juifs". Les massacres qui jalonnent la création de l´Etat d´Israël sont nombreux. Mais tout est fait pour nier la réalité par groupe de pression interposé. Israël Shamir, éminent journaliste écrit: "Deïr Yassin, c´est ce paisible village que les groupes juifs terroristes Etzel et Lehi avaient attaqué, le 9 avril 1948, en massacrant toute la population: hommes, femmes et enfants. Je ne rappellerai pas ici l´histoire sanglante des oreilles tranchées, des entrailles répandues, des femmes violées, des hommes brûlés vifs, des corps jetés dans une carrière, ni la parade triomphale des meurtriers".(5)
Le Complexe de Massada a servi de carburant pour installer le sionisme. Le massacre des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale par les Allemands fut du pain béni pour le sionisme. "Les frontières d´Israël, disait Aba Eban, sont celles de l´holocauste" ou de la Shoah: concepts inventés spécifiquement pour décrire la "catastrophe du peuple juif, l´équivalent de la " Nakba " palestinienne. Personne en Occident ne mesure ses conséquences, c´est-à-dire l´horreur au quotidien sous le regard indifférent des puissants de ce monde d´autant que les problèmes inter-palestiniens font que la cause se dilue et que personne parmi les chefs d´Etat arabes ne lève la tête pour dire " trop c´est trop "; au contraire, chacun essaie de sauver son trône. Un comble de duplicité! On apprend que malgré de vifs débats parlementaires, l´Égypte a commencé le 1er mai 2008 ses livraisons de gaz à Israël. Elle s´est engagée à livrer 1,7 milliard de mètres cubes de gaz par an à Israël durant 15 ans. Pendant ce temps, Ghaza n´a pas d´électricité pour cause d´embargo sur les carburants de la part d´Israël!!! " Fait politique majeur du XXe siècle " selon le président Nicolas Sarkozy, la création par les Nations unies, il y a soixante ans, d´un Etat juif, n´a pas été suivie comme prévu de l´Etat palestinien. Les Palestiniens de 2008 ne peuvent plus prétendre aux 22% de leur terre, qu´ils avaient acceptés il y a quelques années! Leur destin est tragique.

(*) Ecole nationale polytechnique

1.Pierre Stambul: Il y a 60 ans, la Naqba: Union Juive pour la Paix. Mille Babords 6.05.2008
2.Lundi 05Mai 2008 http://french.irib.ir mis en ligne le 4/05/2008
3.Pr Zand: Quand et comment le peuple juif a-t-il été inventé? Ed.Paris 2004
4.Tom Segev: Une invention appelée "le peuple juif " in Ha´Aretz, 1er mars 2008.
5.Israël Shamir: Les chasseurs de vampires Jaffa, le 14 mars 2001.

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

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Mon, 12 May 2008 00:04:45 GMT http://djazair.dzblog.com/article-239683.html
Un historien fustige les «concessions simplement verbales» de la France. http://djazair.dzblog.com/article-238924.html Le 8 mai 1945 illustre les massacres coloniaux

L’Algérie célèbre aujourd’hui le soixantième anniversaire des massacres du 8 mai 1945 commis par les colons et l’armée française à Guelma, Sétif et Kherrata. A ce propos, l’historien français Olivier Le Cour Grandmaison a fustigé hier «les concessions simplement verbales» faites par la France sur ses crimes coloniaux, dont les massacres du 8 mai 1945. Alors que l’ambassadeur de France en Algérie, M. Bernard Bajolet, avait récemment déclaré à Guelma qu’il fallait «en finir avec la dénégation des injustices, des faits et des crimes du passé», impliquant directement «la lourde responsabilité» de la France dans les massacres d’Algériens le 8 mai 1945 dans l’est du pays, l’historien Olivier Le Cour Grandmaison, auteur notamment de Coloniser, exterminer : sur la guerre et l’Etat colonial (Fayard, 2005), les a jugées comme de simples «concessions verbales» visant à «préserver les intérêts de la France» dans ses relations économiques avec l’Algérie.
«Pour mesurer la portée des déclarations de M. Bajolet, il faut les mettre en perspective avec d’autres, en particulier celles faites par [le président français] Nicolas Sarkozy à l’université Bachir Mentouri à Constantine le 5 décembre 2007», a-t-il estimé dans une déclaration à l’APS.
Pour l’historien, le président français «semblait vouloir tempérer» ses déclarations antérieures puisqu’il affirmait que «le système colonial était injuste par nature» et qu’il «ne pouvait être vécu autrement que comme une entreprise d’asservissement et d’exploitation». «Revirement ? Lucidité tardive ? Reconnaissance implicite des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre commis au cours des cent trente-deux ans de “présence française” en Algérie ?» s’est demandé l’historien. «C’est à l’aune d’une politique extérieure mercantile, que nulle rupture n’est venue réformer, qu’il faut interpréter les déclarations récentes de l’ambassadeur de France», a-t-il ajouté, considérant que pour les autorités françaises, «les échanges économiques et financiers entre la France et l’Algérie exigent quelques concessions verbales».
Selon l’historien, la France «développe à contre-courant de ses déclarations verbales» des mesures de type colonial concrètes, soulignant une «contradiction entre le dire et le faire». A titre d’exemple, l’historien a rappelé que la France «est le seul Etat, parmi les anciennes puissances coloniales européennes, à avoir juridiquement sanctionné une interprétation mensongère et officielle de son passé colonial par la grâce de la loi du 23 février 2005, toujours en vigueur en dépit du retrait de l’article 4» qui visait à faire enseigner dans les écoles les présumés «bienfaits» de la colonisation. Cette loi, jugée «scélérate» par le mouvement associatif français et de nombreux partis politiques qui ont exigé son abrogation totale, a gardé l’article 13 qui indemnise les criminels de l’organisation terroriste OAS. «Pour les amateurs d’exception française, en voilà une remarquable mais sinistre», a poursuivi Olivier Le Cour Grandmaison, appelant les autorités françaises à «prouver» leurs intentions de reconnaître les crimes coloniaux, «non pas par de simples déclarations mais par des mesures concrètes, comme l’abrogation de cette législation scélérate». Il a également appelé l’opposition à déposer, sans plus attendre, une proposition de loi en ce sens. «Tous, nous les jugerons sur leurs actes, pas sur leurs déclarations», a-t-il souligné. A une question sur le nouveau projet de loi sur les archives, qui proclame certains documents d’histoire comme «incommunicables» et donc occultant jusqu’en 2037 les crimes coloniaux commis en Algérie, Le Cour Grandmaison a relevé que «là encore, en dépit de déclarations ronflantes et convenues sur la nécessité de laisser les historiens, et tous ceux qui s’intéressent au passé de la France, travailler tranquillement, la majorité [parlementaire] est en passe d’adopter un texte qui, relativement à l’accès aux archives, est l’un des plus restrictifs d’Europe». «Bel exemple. Triomphe de la raison d’Etat, mépris de l’histoire et de la vérité lorsque celles-ci sont susceptibles de déranger les discours officiels : tels sont les fondements de cette future loi qui, si elle était votée, devra être abrogée au plus vite en cas de changement de majorité», a-t-il souhaité.
Quant à l’inquiétante remontée en France des nostalgiques de la période coloniale, l’historien a estimé que «l’activisme des nostalgiques de l’Algérie française, entre autres, ne semble pas lié à une méconnaissance des réalités coloniales mais aux différents discours apologétiques prononcés» par les autorités françaises visant à «restaurer le passé colonial de la France». «Quand au sommet de l’Etat, on s’autorise ce type de déclarations, il n’est pas surprenant que cela incite les courants les plus ultras à se manifester de nouveau au grand jour», a-t-il poursuivi, évoquant notamment «l’offensive de charme» dans les milieux xénophobes et racistes de l’extrême droite, à des fins électorales.

R. I. (La Tribune)

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Leurs sépultures sont et seront nos mémoires               

Nous n’oublierons pas !

Le silence est la forme sublime de la persécution, il laisse le champ libre à toutes les interprétations, offre au révisionnisme un champ pour se livrer à ses sordides manipulations. La situation a évolué, incontestablement, mais pas autant et comme nous l'avons souhaité et le souhaitons toujours. Les faits étant établis et reconnus, nous ne reviendrons pas dessus. Entre 2004 et 2008 deux ambassadeurs de France sont allés se recueillir sur les tombes des victimes de ces épouvantables massacres l'un à Sétif, l'autre à Guelma. Ceci dit, les terribles évènements du mois de mai 1945 ne sont qu'une page, parmi les plus sanglantes, de l'histoire de la France en Algérie. Les 45 000 morts de mai ne crient pas vengeance mais reconnaissance d'une des plus profondes ingratitudes d'un état républicain envers des hommes s'étant portés à son secours. Mai 45 est une date très particulière en ce sens qu'elle est emblématique de l'ensemble des tares d'un système pourtant condamné par la Société des Nations (future Onu) et les alliés, reconvertis aujourd'hui en communauté internationale.

Lire la suite: http://ladepeche-dz.com/archive/ld166/8mai45.htm

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Thu, 08 May 2008 13:15:05 GMT http://djazair.dzblog.com/article-238924.html
Nouvel ouvrage du criminel de guerre Paul Aussaresses. http://djazair.dzblog.com/article-238327.html

 

 Photo:  http://img33.picoodle.com/img/img33/4/5/11/f_benmhidi1m_058e99f.jpg

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Mon, 05 May 2008 17:12:10 GMT http://djazair.dzblog.com/article-238327.html
Chape de plomb sur les crimes coloniaux http://djazair.dzblog.com/article-237121.html Nouvelle loi sur les archives françaises

Au lendemain du discours prononcé à Guelma par l’ambassadeur de France en Algérie, plaidant pour une mémoire partagée et une histoire écrite par les historiens français et algériens, l’Assemblée nationale française a examiné hier un projet de loi sur les archives qui verrouille davantage l’accès aux documents sur les crimes coloniaux de la France.

Des historiens et chercheurs dénoncent des dispositions portant gravement atteinte à la liberté d’écriture et à la recherche scientifique. L’historien français Henri Pouillot, repris par l’APS, a indiqué que de nombreux documents dits non communicables à la recherche historique « gardent en secret des réalités sur les massacres du 8 mai 1945, ou ceux du 17 octobre 1961 à Paris, et ceux traitant des cas de tortures par l’armée française, notamment à la villa Suzini d’Alger ». Après avoir été amendé par le Sénat le 8 janvier dernier, le texte soumis à l’Assemblée nationale française a soulevé de vives polémiques du fait notamment que des délais de communication des documents archivés ont été allongés. Un amendement sénatorial prévoit que certains documents contenant une « appréciation ou un jugement de valeur » sur une personne ne deviennent consultables qu’au bout de 75 ans contre 60 actuellement. L’historien Vincent Duclert a, de son côté, estimé qu’« une telle loi menacerait la recherche en histoire » et qu’un « tel projet conforte le rejet de l’histoire critique », particulièrement celle liée aux crimes coloniaux. La Ligue française des droits de l’homme ainsi que le Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH) ont également exprimé leur inquiétude à l’égard de ce projet de loi qui introduit de nouvelles dispositions restrictives telles que la catégorie d’archives « incommunicables » mettant, selon eux, une chape de plomb sur « des périodes aussi sensibles que Vichy ou la guerre d’Algérie. Certaines archives concernant cette dernière période (colonisation) ne seraient ainsi disponibles qu’en 2037 ». Le professeur d’histoire contemporaine Jean-Marc Berlière a souligné qu’« on nous parle sans cesse de devoir de mémoire. Mais encore faut-il nous en donner les moyens ». Un nouveau cheveu dans la soupe entre Paris et Alger.

Mustapha Rachidiou  (El Watan)

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Wed, 30 Apr 2008 15:29:09 GMT http://djazair.dzblog.com/article-237121.html
Philippe Grenier le 1er député musulman http://djazair.dzblog.com/article-236757.html Philippe Grenier (14 août 1865 - 25 mars 1944) est un médecin, homme politique français et premier député musulman de l'histoire de France.

Né à Pontarlier (Doubs), il est le fils d'Hippolyte Grenier, capitaine de cavalerie, membre de l'Etat major de Napoléon III ayant servi dans les chasseurs d'Afrique à Mostaganem (Algérie), et de Marie Thiébaud, fille de Charles Thiébaud, notaire de Pontarlier. Son père mourra le 4 juin 1871 alors que son fils Philippe n'a que six ans.


Effectuant ses études secondaires à Besançon, il obtient son baccalauréat et fréquente la faculté de médecine de Paris de 1883 à 1890 avant de s'installer à Pontarlier où il ouvre un cabinet. Cette année-là, il rend visite à son frère cadet à Blida en Algérie ce qui sera le début de sa révélation pour la culture musulmane de l'Empire colonial français.

Choqué par la manière dont la France maintient les Algériens musulmans dans la misère et des injustices sociales de l'époque coloniale, de retour en Métropole, il se met à étudier le Coran.

 

Quatre ans plus tard, en 1894, lorsqu'il effectue un second voyage en Algérie, il se rend à Blida où il se convertit à l'islam.

Suite à sa conversion, il se rend à La Mecque à 29 ans et adopte la tenue traditionnelle des musulmans algériens. Il se fait élire conseiller municipal de sa ville et s'intéresse aux questions d'hygiène publique et d'aide aux nécessiteux grâce à son statut de médecin.

C'est suite à la mort de l'ancien député de Pontarlier (Doubs) que le Dr Grenier décide de tenter sa chance. Menant une campagne électorale modeste, il devint la risée de la presse qui se moque de ses « exubérances vestimentaires ». Malgré cela, et grâce à un discours convaincant, son programme social ambitieux pour l'époque lui permettra de décrocher le sésame pour le parlement au deuxième tour avec 51 % des voix et après un coup de théâtre électoral, le 20 décembre 1896.

Ce jour-là, il devient le premier député musulman de l'histoire de France.

Premier député de confession islamique au parlement français élu du Doubs de 1896 à 1898, il devient la curiosité de la presse de l'époque, très mal renseignée sur les us et coutumes musulmanes.

La presse l'accusera tantôt de posséder un harem, tantôt de baiser le tapis de l'entrée de l'Assemblée nationale ou encore de se laver continuellement les pieds.

Devenant le « député des musulmans de France », il se rend souvent en Algérie pour le besoin d'enquêtes parlementaires. C'est suite à ses prises de position éthique et à son combat pour la respectabilité de l'islam française, que les électeurs de Pontarlier l’accuseront d'oublier d'où il venait et qui il représentait à l'assemblée.

Ses prises de position sur l'absinthe réclamant l'interdiction du breuvage finiront par l'évincer[1], en sachant que Pontarlier était considérée comme la capitale de l’absinthe. C'est en mai 1898 qu'il sera battu à l’élection et à nouveau en 1902.

Après ce double échec, il décidera de quitter la politique.

Il s'éteint à Pontarlier à l'âge de 79 ans, le 25 mars 1944. Quelques mois plus tard, comme un coup du destin, ce sera une unité de tirailleurs algériens qui libèrera Pontarlier des armées allemandes.

Depuis la fin de son mandat en 1898, aucun Français métropolitain musulman, n'a été élu au parlement français.

Un collège, une rue et la mosquée de Pontarlier portent son nom.

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Mon, 28 Apr 2008 18:08:36 GMT http://djazair.dzblog.com/article-236757.html
EXPLOSION NUCLÉAIRE DE REGGANE http://djazair.dzblog.com/article-234216.html Un mur pour lutter contre les irradiations.

Plus d’un demi-siècle après l’explosion de la première bombe nucléaire française à Hamoudia (daïra de Reggane) le 13 février 1960, les autorités algériennes ont enfin réagi en installant une clôture qui délimite le périmètre de l’impact afin d’éviter aux habitants de la région la menace éventuelle d’une contamination, selon un communiqué établi par la Direction de l’environnement de la wilaya.
Quatre entreprises ont été sollicitées afin d’entreprendre les travaux appropriés pour une enveloppe financière de treize millions de dinars. Mais les habitants préconisent la mise en place d’une commission scientifique afin de mener des études approfondies et des analyses concernant les personnes et l’environnement. Les travaux consistent en la mise en place d’une clôture longue de 3 000 m afin d’empêcher les curieux et autres de s’approcher du lieu de l’impact qui demeure encore en activité, selon les experts qui l’ont visité. Il est à noter que cette terrible explosion a laissé d’énormes séquelles et les gens et la végétation en souffrent encore. La constitution d’une commission d’experts en nucléaire pourrait, grâce aux tests et analyses effectués sur l’ensemble des personnes touchées ainsi que la palmeraie sur une superficie de 50 km2, lever le voile sur cette terrible tragédie qui a secoué et ébranlé le monde en 1960. En attendant l’installation de cette clôture, des campagnes de sensibilisation sont menées tambour battant par l’APC de Reggane afin d’éviter toute contamination. Les habitants de la région insistent sur la programmation d’études épidémiologiques ainsi qu’une liste des différentes maladies liées directement ou indirectement à cette explosion. Leur demande est adressée aux autorités françaises et algériennes pour la création d’un pôle d’observation des différents sites ayant servi aux essais nucléaires comme ce fut le cas pour l’Angleterre et ses sites en Australie. D’ailleurs, un rapport est établi par le ministère de la Défense française en mars 2007 autour de ces explosions qui ont eu lieu dans le Sahara algérien entre 1960 et 1967. Ce même rapport, appuyé par d’autres émanant de l’Agence internationale de l’énergie en 1999 et en 2005, précise que l’activité nucléaire subsiste toujours au niveau de Hamoudia (Reggane) suite aux lancements menés sous le nom de code Gerboise blanche et Gerboise bleue. Une affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et dont la grandeur d’un pays comme la France se trouve sérieusement entachée pour avoir fait fi des droits de l’homme et de la vie de centaines d’êtres humains. Et on ose parler de fraternité et d’égalité. C’est le comble de l’ironie ! Une affaire à suivre.

El-Hachemi S. (Le Soir d'Algérie)

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Wed, 16 Apr 2008 18:25:16 GMT http://djazair.dzblog.com/article-234216.html
Equipe du FLN : Une formidable épopée http://djazair.dzblog.com/article-233254.html L’ÉQUIPE DU FLN FÊTE SON CINQUANTENAIRE

Une machine à gagner des matches de football

Ils n'ont à aucun moment hésité à sacrifier leur carrière dorée de footballeurs professionnels pour répondre à l'appel lancé par le FLN le 15 mars 1958 dans une déclaration qui leur demandait officiellement de rejoindre la Tunisie là où se trouvait le GPRA.
Pour certains comme Mekhloufi, Zitouni, Maouche  et Bentifour, qui étaient  retenus dans la présélection de l'équipe de France pour la Coupe du Monde, le choix était vite fait car tous ces joueurs ainsi que les Rouaï, Oualiken, Bouchache, Kermali, Bouchouk et autre Brahimi vont comme un seul homme répondre a cet appel sacré pour s'engager dans le combat pour l'indépendance de l'Algérie.
Le départ de tous ces joueurs a fait l'effet d'une bombe puisque toute la presse française du 12 avril 1958 titrait en grosses manchettes sur le départ inopiné de tous ces joueurs d'origine algérienne tout en s'interrogeant car les Français de métropole n'étaient vraiment au fait de ce qui se passait en Algérie et surtout de l'adhésion de toute la population algérienne à la lutte pour l'indépendance.  L'impact fut d'ailleurs immédiat et retentissant puisque la constitution de l'équipe du FLN a commencé à être murmurée même dans les couloirs de l'ONU concrétisant ainsi les objectifs visés par le FLN.
La formidable épopée commencera alors à Tunis sous la direction de Mohamed Boumezrag et Mohamed Allem alors que l'équipe était drivée par Mokhtar Arribi en tant qu'entraineur-joueur.
Malgré toutes les pressions des autorités françaises sur la FIFA pour interdire aux pays affiliés à cette instance de rencontrer cette équipe du FLN rien n'y fit puisque les Doudou, Bouchache, Kermali, Benfadah, Boubekeur et tous les autres  membres de cette glorieuse formation allaient sillonner plusieurs pays d'Europe, d'Asie et du monde Arabe comme l'URSS, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, la Chine, le Nord Vietnam, la Jordanie, l'Irak, la Tunisie ou le Maroc. L'équipe du FLN y disputa des matchs qui ressemblaient à de véritables exhibitions qui enchantaient les foules qui se déplaçaient de plus en plus nombreuses à chaque passage de cette glorieuse qui gagnait en notoriété au fil du temps et à la grande satisfaction des responsables politiques qui avaient visé juste en confiant à ces footballeurs cette noble mission de représenter comme de dignes ambassadeurs la cause algérienne dans sa lutte pour l'indépendance nationale.
50  ans après, les héros de cette belle légende gardent des souvenirs indélébiles de ces quatre années passées ensemble comme le rappelle l'ancien joueur du Stade de Reims et celui qui a aussi été  l'un des artisans de la qualification de l'Algérie en Coupe du Monde 82, Mohamed Maouche : « Notre force c'est qu'on était tous unis comme les doigts d'une main.
Vivre ensemble pendant quatre ans ce n'est pas toujours évident mais en même temps ça a crée des liens très forts car nous avions comme idéal de servir notre pays et nous n'étions plus seulement des footballeurs mais des ambassadeurs de l'Algérie en lutte pour l'indépendance. »
Et ainsi de 1958 à 1962 la formidable épopée des joueurs de l'équipe du FLN  a été jalonnée  de succès  47 victoires et onze nuls pour 62 matchs joués jusqu'à l'indépendance où la plupart se sont reconvertis au service de leur pays comme entraîneurs alors que les plus jeunes ont continué à briller de mille feux soit dans les grands clubs Algériens des années soixante  soit en France ou ailleurs en Europe.
L'équipe du FLN a constitué également l'ossature de la première équipe nationale d'Algérie avant de fournir l'encadrement qui a offert au football algérien ses plus grandes consécrations par le biais des Soukhane, Mekhloufi, Maouche, Kermali, Zouba, Arribi et tous ceux qui ont mis leur expérience au service des clubs algériens.

Une  machine à gagner des matches de football 
L'équipe de football du FLN, créée le 12 avril 1958, était composée de 32 joueurs. L'initiateur de l'opération était Mohamed Boumezrag, le responsable politique Mohamed Allam et le garde-matériel Sellami Zamri.         
Des 32 joueurs ayant effectué la tournée à travers de nombreux pays d'Europe, d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie entre 1958 et 1962, 18 sont en  vie et 14 ont été rappelés à Dieu.

(Photo La Tribune)

   

Joueurs en vie:    Saïd Amara (Béziers),  Kaddour Bekhloufi (Monaco), Mohamed Bouricha (Nîmes),  Dahmane Defnoune (Angers), Ali Doudou (Annaba),  Smaïn Ibrir (Le Havre), Abdelhamid  Kermali (Lyon), Abdelkrim Kerroum (Troyes), Mohamed Maouche (Reims), Rachid  Mekhloufi (Saint-Etienne), Mokrane Oualiken (Montpellier), Amar Rouaï (Angers),  Abdellah Hedhoud dit Settati (Bordeaux), Abderrahmane Soukhane (Le Havre), Mohamed  Soukhane (Le Havre), Mustapha Zitouni (Monaco), Abdelhamid Zouba (Niort), et  Mohamed Allam (responsable politique).    
Joueurs décédés:     Mokhtar Aribi (Lens), Ali Benfadah (Angers), Abdelaziz Bentifour (Monaco), Abderrahmane Boubekeur (Monaco), Cherif Bouchache (Le Havre), Hocine Bouchache  (Le Havre), Abdelhamid Bouchouk (Toulouse), Hacène Bourtal (Béziers), Saïd  Brahimi (Toulouse), Hacène Chabri (Monaco), Saïd Haddad (Toulouse), Abderrahmane  Ibrir (Toulouse), Abdelkader Maazouza (Nîmes), Ahmed Oudjani (Lens), Mohamed  Boumezrag (initiateur de l’opération).   
Fiche technique de l'équipe de football du FLN: 
Gardiens de but : Abderrhamane Boubekeur, Ali Doudou, Abderrahman Ibrir.   
Défenseurs : Mustapha Zitouni, Kaddour Bekhloufi, Mohamed Soukhane, Chérif Bouchache,  Smaïn Ibrir, Abdallah Settati.   
Milieux : Mokhtar Aribi, Saïd Haddad, Ali Benfadah, , Mohamed Boumezrag, Hassen  Bourtal, Amar Rouaï, Hassen Chabri.    Attaquants : Abdelhamid Kermali, Abdelaziz Ben Tifour, Abdelhamid Bouchouk,  Rachid Mekloufi, Saïd Brahimi, Mohamed Maouche, Ahmed Oudjani, Amokrane Oualiken,  Abderrahmane Soukhane, Abdelkader Mazouz, Mohamed Bourricha, Abdelkrim Kerroum,  Hocine Bouchache, Saïd Amara, Abdelhamid Zouba.   
Equipe type:  Abderrahmane Boubekeur, Dahmane Defnoun, Mustapha Zitouni, Mohamed  Soukhane, Mokhtar Aribi, Amar Rouaï, Abdelhamid Kermali, Rachid Mekloufi, Saïd  Brahimi, Abdelaziz Bentifour, Abdelhamid Bouchouk.     

Principaux matchs:  L'équipe de football du FLN a disputé 62 matchs entre 1958 en 1962 pour  47 victoires, 11 nuls, 4 défaites, 246 buts marqués et 66 buts encaissés. Les  coéquipiers de Rachid Mekhloufi ont livré des rencontres face à des sélections  nationales en URSS (4 matchs), Yougoslavie (5 matchs), Tchécoslovaquie  (4 matchs), Roumanie (4 matchs), Hongrie (4 matchs), Bulgarie (6 matchs), Chine  (5 matchs), Vietnam (4 matchs), Maroc (7 matchs), Tunisie (4 matchs), Libye  (2 matchs), Irak (6 matchs) et Jordanie (3 matchs).   
Principaux résultats: L'équipe FLN était redoutable sur les terrains. Là où elle passait,  elle remportait ses matchs par des scores larges, notamment devant la Yougoslavie  (6-1), la Hongrie (5-2), la Tchécoslovaquie (4 - 1), la Chine (4 - 0), la Tunisie  (9 - 0), la Jordanie (11 - 0), l'Irak (11 - 0), Vietnam (11-0).          
Elle a été battue par la Bulgarie (4-3), la Yougoslavie (2-0) ou la  sélection russe  de Rostow ( 2-1).

 

 

 

L'ouvrage “Les dribleurs  de l'indépendance” présenté à la presse algérienne
“Les dribleurs de l'indépendance'': l'ouvrage  du journaliste sportif Michel Nait-Challal sur l'épopée de la glorieuse équipe  FLN racontée par les 10 premiers joueurs de cette équipe, a été présenté hier, à Alger à la presse algérienne.
''L'idée d'écrire ce livre est fortuite, elle est née d'une vieille amitié avec Rachid Makhloufi. En 1958, la France vivait tranquille. Le départ de 10 joueurs algériens de réputation internationale à l'instar de Zitouni,  Bentifour ou Makhloufi pour rejoindre l'équipe du FLN a constitué une bombe  médiatique souhaitée par le FLN", a indiqué Naît Challal.
"Avec le départ des 10 premiers joueurs algériens  pour Tunis, les Français prenaient alors conscience qu'il y avait une guerre qu'on leur avait caché  en Algérie", a t-il ajouté.
Le journaliste du quotidien l'Equipe a expliqué que l'autre motif de l'écriture de ce livre "est l'ignorance de cette séquence de la guerre de  libération nationale par les médias et l'opinion publique".
L'auteur raconte les péripéties de cette équipe à commencer par la  grande évasion du territoire français.
"Les joueurs algériens ont vécu cela comme un sacrifice énorme pour  une cause nationale. Ils ont quitté la gloire et la fortune pour rejoindre l'équipe  FLN sans aucune pression ni menace", a-t-il affirmé.
Interrogé sur le choix de dix joueurs sur les 32 qui formaient l'équipe  FLN, Nait-Challal a répondu: " J'ai voulu écrire un livre des 10 historiques.  j'aurais du mal à le faire sur 32 joueurs. C'est un choix délibéré. C'était  les 10 les plus glorieux de cette équipe FLN".

 

 

 

 

 

 

R. BENDALI ( El Moudjahid)

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Sat, 12 Apr 2008 16:16:13 GMT http://djazair.dzblog.com/article-233254.html
«L'Algérie, où je me suis senti utile...» http://djazair.dzblog.com/article-227386.html ENTRETIEN AVEC LE CINÉASTE RENÉ VAUTIER
«Je suis en train de réaliser un film sur les problèmes de censure, que j’ai pu rencontrer dans ma vie et de dénoncer les gens qui ont essayé d’empêcher de voir naître mes films...», nous a-t-il confié.

Exister ensemble est le leitmotiv, le voeu pieux de cet homme de 80 ans, ce grand cinéaste de combat qu’est René Vautier qui compte dans son palmarès plus de 180 films. Son engagement pour l’Indépendance de l’Algérie lui vaudra d’être emprisonné en France, mais qu’importe. Aujourd’hui, on se souvient encore de Une nation, l’Algérie 1954, L’Algérie en flammes - 1958, Un peuple en marche, film qui fait un bilan de la guerre d’Algérie en retraçant l’histoire de l’ALN et qui montre l’effort populaire de reconstruction du pays, après l’Indépendance, en 1963, Avoir 20 ans dans les Aurès, avec Alexandre Arcady, Yves Branellec, Philippe Léotard. Cet humaniste s’engagera aussi dans la lutte contre le racisme en France, l’apartheid en Afrique du Sud, l’extrême droite française et pour le combat en faveur des femmes, pour la Bretagne, sa région natale, etc. Que des causes justes dont ce papy de la Résistance doit être fier. Aujourd’hui, René Vautier n’aspire qu’à une chose, rassembler tout ce patrimoine cinématographique, éparpillé çà et là pour le restituer et le faire partager aux siens. Infatigable, l’homme prépare aussi un nouveau projet. Ecoutons le maître

L’Expression:On célèbre aujourd’hui l’événement grandiose qui rappelle les 68 films réalisés dans le cadre d’«Alger, capitale de la culture arabe 2007». Vous qui êtes l’un des pionniers à avoir contribué à la naissance du cinéma algérien de la Révolution de 1954, dites-nous un mot sur votre présence ici?
René vautier: J’ai été très content d’être invité, parce que ça me rappelle un tas de souvenirs. Je retrouve des amis dont j’ai assisté les premiers pas dans le cinéma. Je me sens dans la peau d’un vieil instituteur qui retrouve un peu les élèves qu’il a pu former et qui sont maintenant plus forts que lui...
Quelle évaluation faites-vous de cet événement?
Pour moi, c’est peut être l’amorce d’une renaissance parce qu’on a laissé, il faut le reconnaître, disparaître le cinéma algérien et avec des gens qui continuent à se battre pour le maintenir, j’espère que ces gens-là maintenant vont former des jeunes et que les propos de Mme la Ministre lorsqu’elle affirme qu’«on va se baser sur l’avenir, en poussant les jeunes», vont se réaliser. Je crois que c’est une action absolument nécessaire pour l’Algérie, pour le reflet, à la fois des efforts de l’Algérie, à l’intérieur aussi bien pour faire connaître ces efforts qu’à l’extérieur, en faisant connaître la vie des gens, non pas pour faire de la propagande, simplement, pour montrer qu’ils existent et qu’ils sont fiers d’exister ensemble. Je crois que c’est formidable cette perspective-là. Encore faut-il qu’elle se réalise. C’est bien qu’il y ait des gens qui plantent aujourd’hui pour qu’il y ait des arbres et des fleurs demain sur les écrans.

Justement, il y a un accord de coopération entre l’Algérie et la France. Dans quelle mesure, vous, en tant que grand cinéaste, pourriez-vous donner un coup de main à cette nouvelle génération?
Je crois que j’ai essayé plutôt de faire des films qui pouvaient être utiles. Certains ont été primés dans les festivals, l’endroit où je me sens le plus à l’aise pour regarder par-dessus mon épaule. Dans la religion, en Islam, on regarde l’ange par-dessus l’épaule droite et l’épaule gauche et là, quand je regarde devant moi, je suis content de voir l’avenir du cinéma algérien d’après ce que j’ai entendu dire. Ce qui prouve que ce qu’on a semé ici, moi Breton et les amis algériens auprès desquels je me suis retrouvé, montre les images de leur lutte, que ce soit au maquis, en Algérie ou que ce soit ensuite, au Centre de formation de Ben Aknoun ou quand ils m’ont demandé de revenir. Moi je faisais mon cinéma à moi, en Bretagne, mais cela me faisait toujours plaisir de revenir ici et j’espère que demain, effectivement, de part et d’autre de la Méditerranée, entre des gens qui ont la même optique de l’avenir, il y a encore des tas de choses à faire, en particulier des films.

Que fait en ce moment René Vautier?
René vautier a 80 ans. Il s’est remis, quand on lui annoncé qu’il allait avoir une opération difficile, due à un cancer de la gorge, à ce moment-là, il s’est dit: «bon sang, le Larousse du cinéma dit que j’ai fait 180 films. Comme ces films sont comme des coups de poing contre l’injustice et qu’ils sont un peu éparpillés, alors, je me suis dit qu’il faut encore que je prenne le temps maintenant de les retrouver et de les déposer dans une cinémathèque, la plus proche de chez moi en Bretagne». Il y a aussi des films qui sont ici en Algérie dont je suis fier pour y avoir contribué et je voudrais aussi qu’il y ait des exemplaires de ces films à la cinémathèque de Bretagne pour que les Bretons puissent voir un cinéma d’ailleurs. Je crois le fait d’avoir lutté et continuer à me battre en me disant «tu n’as pas fini ton temps, il faut essayer de retrouver ces films et remettre en ordre ce que tu as fait», ça m’a permis de vaincre le cancer.
Maintenant, il y a d’autres problèmes qui se posent dans ma tête. Là aussi, j’essaie chez moi en faisant un film qui permet de dénoncer les adversaires de l’utilisation du cinéma dans un but de fraternité. A tous ceux qui se sont battus contre ça, je veux maintenant, non pas méchamment montrer qu’ils se sont trompés, mais je pense, aujourd’hui, que cela va me permettre de travailler pour sauver les idées qu’il faut aujourd’hui consolider. Et puis montrer aussi à quel point, hier, on a pu faire des choses ensemble et que sur ce chemin-là peut-être qu’il faut continuer au moment où côté français, on est en train de se replier sur une Europe et de laisser tomber les gens des pays qu’on a contribué à appauvrir pendant longtemps par le colonialisme. Maintenant, il y a des choses à faire, ensemble, entre gens de bonne volonté.

Vous avez donc un projet de film...
Oui, je suis en train de réaliser un film sur les problèmes de censure que j’ai pu rencontrer dans ma vie. Tous les combats qu’on a menés en France contre la censure, nous ont permis de gagner des points contre l’imbécilité, contre la haine et pour la compréhension entre les gens et entre les peuples. J’essaie de le montrer pour que cela ne soit pas perdu. Je suis venu en Algérie parce qu’il y a des éléments des choses que j’ai tournées et que j’aimerais intégrer à la cinémathèque de Bretagne en y apportant une copie. C’est un complément que je ne renie pas du tout, au contraire. Je voudrais non pas construire un monument mais essayer de boucher les trous d’une vie en montrant aussi les images que j’ai tournées ailleurs qu’en Bretagne. L’endroit où peut-être j’ai l’impression d’avoir été utile sur le plan de la compréhension, en voyant le résultat et les amis. Ce sont des amitiés qui sont nées dan un travail en commun. J’essaie de garder les images qu’on a pu tourner ensemble.
Aussi, dénoncer les gens qui se sont opposés à ces images. Voilà, j’ai 80 ans. Il me reste encore quelques années pour regrouper tout ça et j’essaie de le faire. J’ai fait des films qui m’ont fait condamner en France, parce que c’étaient des films anticolonialistes, au moment où le pouvoir français était un pouvoir colonial. J’ai fait des films pour dénoncer cette oppression coloniale, aussi des films sur le monde du travail, des films contre les guerres, des films aux côtés des Palestiniens, aux côtés des travailleurs immigrés. Aujourd’hui, j’essaie de regrouper tous ces morceaux parce que c’est toujours difficile de conserver ce genre de films de combat. J’essaie de dénoncer aussi, en regroupant ces films-là, les gens qui ont essayé de les empêcher de naître. Voilà, une bonne fin de vie, honorable, je crois.

Propos Recueillis par O. HIND (l'Expression)

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Sat, 22 Mar 2008 14:49:22 GMT http://djazair.dzblog.com/article-227386.html