Maurice Audin , 1932-1957
La France n’a jamais admis sa responsabilité dans la mort de Maurice Audin, enlevé par les parachutistes du tristement célèbre général Massu en 1957, durant la guerre de libération nationale, au plus fort de ce qui est appelé la «Bataille d’Alger», en réalité une campagne féroce d’enlèvements et de tortures qui a fait des dizaines de milliers de morts et de disparus, pour tenter de briser les réseaux du FLN dans la capitale. «Maurice se sentait Algérien et était donc solidaire avec le combat de ses compatriotes pour la liberté», a ajouté sa veuve jointe hier par téléphone, en affirmant qu’il a été tué «sous la torture, comme des milliers d’autres Algériens».
Une cérémonie de recueillement a été organisée hier et une gerbe de fleurs déposée au centre de la principale place d’Alger, qui porte justement le nom de ce mathématicien.
«Nous sommes en plein Alger, à la place Maurice-Audin, au milieu d’anciens camarades d’oncle Maurice. C’est très émouvant», disait le neveu de Mme Audin, M. Serge Grau, qui était présent à la cérémonie de recueillement par téléphone, en larmes, à Mme Josette Audin qui vit actuellement en France.
Un message a été lu à cette occasion, au nom de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM), en hommage au «martyr Audin». «Le meilleur des hommages» est rendu par une «nation meurtrie au plus profond de sa chair», à ce martyr de la cause nationale, cinquante après sa mort. En février 2007, une «loi scélérate glorifiant la colonisation a été votée en France et l’on nous demande d’oublier le passé», rappelle le message de l’ONM, ajoutant : «Peut-on oublier les tortures ? les exécutions sommaires ? le génocide de centaines de milliers de martyrs ? les crimes contre l’humanité ?» «Tourner la page, oui ! La déchirer, jamais ! A l’Etat français de reconnaître ses crimes odieux et de demander pardon aux victimes», ajoute-t-il.
«Audin comme tous les autres disparus interpellent nos consciences pour que nul n’oublie et la place Maurice-Audin au cœur d’Alger sera toujours là pour raviver les plaies non cicatrisées», conclut le message.
Maurice Audin est né le 14 février 1932 en Tunisie. Assistant en mathématiques à l’université d’Alger, il était membre du Parti communiste algérien (PCA) et militait contre le colonialisme. «Le 11 juin 1957, des parachutistes français sont venus arrêter Maurice Audin» chez lui et l’armée française a, ensuite, prétendu qu’il s’était évadé au cours d’un transfert, ajoute-t-il.
Or, l’enquête faite par l’historien Pierre Vidal-Naquet dans son livre l’Affaire Audin, publié en mai 1958, confirme la mort de Maurice Audin lors d’une séance de torture, le 21 juin 1957, menée par un officier français des renseignements, le lieutenant Charbonnier. Le journaliste et historien Henri Alleg raconte dans son livre-témoignage la Question avoir rencontré Maurice Audin dans les geôles françaises.
A. R. (La Tribune)
Commentaires
Le criminel de guerre Aussares revient sur l' affaire Audin:
Il n'en dira pas plus. Il n'en sait pas plus. Pourtant, à bien lire les quarante pages consacrés à cette histoire, on finit par comprendre qu'il sait tout. Le commandant O, comme le surnomme Yves Courrière dans "Le temps des léopards", était alors à la tête du groupe de tueurs qui arrêta, interrogea et fit disparaître le jeune mathématicien. Même si, aujourd'hui, il prétend ne pas en savoir plus.
"Je ne sais pas où Maurice Audin a été enterré", dit-il, reconnaissant ainsi que la thèse de la disparition du jeune militant communiste est bien une fable racontée aux civils et à la justice pour couvrir les exactions des parachutistes. L'explication est à lire sous la plume du journaliste, qui rapporte l'existence d'un serment prêté entre plusieurs militaires pour taire à jamais la vérité.
Et de citer le témoignage du capitaine Yves de la Bourdonnaye-Montluc, successeur d'Aussaresses qui raconta à la journaliste Marie-Monique Robin:
"Certains membres de l'équipe que j'avais récupérée étaient devenus complètement fous. Ils avaient pris l'habitude de tuer les prisonniers d'un coup de couteau dans le cœur."
En clair: un membre de l'équipe Aussaresses, pris de folie, aurait tué Maurice Audin, dont il aurait ensuite fallu se débarrasser pour présenter une version crédible de sa "disparition" aux autorités civiles. En juin 2007, Josette Audin a écrit au président Sarkozy pour qu'il l'aide à connaître la vérité. En vain pour l'instant.
http://www.rue89.com/2008/04/29/tortionnaire-non-repenti-le-general-aussaresses-se-souvient


la colonisation de notre pays et la négation complète de la personnalité algérienne durant cette période sont à mon avis la cause de cette situation.
maurice a donné sa vie pour les idées nobles qu'il défendait combien d'habitants de notre pays natal accepteraient d'en faire autant?