«Résistance et défi»
L’Algérie commémorera demain le double anniversaire de l’offensive du nord-Constantinois, en 1955, et du Congrès de la Soummam, en 1956, qui ont lieu, tous deux, un 20 août, proclamé Journée du moudjahid pour marquer l’importance des deux évènements dans la réussite de la Révolution.
En 1955, alors que la lutte armée pour l’indépendance n’avait pas encore un an, les dirigeants de l’Armée de libération nationale (ALN) dans le nord-Constantinois décidèrent de lancer une grande opération contre une quarantaine de cibles militaires et économiques coloniales.
Les objectifs de cette grande offensive de l’ALN, qui dura trois jours, étaient multiples.
Il s’agissait de desserrer l’étau sur les Aurès, l’un des foyers de la Révolution où l’on comptait le plus grand nombre de moudjahidine et où l’armée française pesait de tout son poids pour tenter de tuer dans l’œuf l’expression de l’aspiration du peuple algérien à l’indépendance.
Le deuxième but recherché était de prouver sur le terrain l’étendue du soulèvement populaire contre le colonialisme, en mobilisant toutes les couches de la société algérienne dans la lutte armée.
Il était également escompté d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la "question algérienne", après la décision du sommet afro-asiatique de Bandung (18-24 avril 1955) de la porter à l’ordre du jour de l’Assemblée générale de l’ONU.
Tous ces objectifs ont été remplis, mais la répression coloniale fut terrible : 12.000 morts recensés parmi la population de la région, des milliers d’arrestation suivies de tortures, d’exécutions collectives sommaires et de disparitions. Les exactions les plus barbares furent le fait des milices des colons, surpris que de simples paysans, qu’ils traitaient comme des esclaves, aient pris les armes contre eux, de Annaba à Constantine, de Skikda à El-Milia et Jijel.
Si tous les objectifs de l’offensive du nord-Constantinois ont été atteints, cela est dû en grande partie à la minutie avec laquelle elle fut préparée.
Le commandant de la zone II à l’époque, Zighoud Youcef, alors âgé de 34 ans, avait convoqué une "conférence générale" des militants de la région, du 25 juin au 1er juillet 1955, pour préparer l’offensive du 20 août.
C’est par référence à cette grande opération que les dirigeants du FLN décidèrent de convoquer, le 20 août 1956, un congrès rassemblant les dirigeants de toutes les zones et de l’extérieur.
La verdoyante vallée de la Soummam, flanquée des hautes montagnes de la région d’Ifri, près de Béjaïa, fut choisie pour accueillir ce congrès, qui sera l’occasion d’une réorganisation complète des méthodes et structures du combat libérateur. Près de deux années s’étaient alors écoulées depuis le déclenchement de la guerre d’Indépendance nationale et le FLN estimait que le temps de la contre-offensive générale et multiforme était venu, sur la base de la priorité à donner à l’action armée.
"Comment organiser et diriger des millions d’hommes dans un gigantesque combat, comment imposer à l’Etat français des négociations sur la base de l’Indépendance, comment mener à la victoire un combat patriotique telles étaient les questions auxquelles les responsables du FLN étaient tenus de répondre pour empêcher que l’enthousiasme populaire spontané ne s’affaiblisse sous les coups répétés de la répression du régime colonial pour lequel, aux dires de l’un de ses ministres, «la seule négociation, c’est la guerre», a résumé le Président Abdelaziz Bouteflika dans un discours à l’occasion du 60e anniversaire du congrès, en 2006.
Il en découla d’importantes décisions qui favorisèrent la réussite de la Révolution et jetèrent la base, par la suite, à l’édification de l’Etat algérien moderne. Il s’agit en particulier de l’adoption du principe de la direction collégiale, à travers la mise en place d’un Conseil national de la révolution algérienne (CNRA) composé de 34 membres, et d’un Comité de coordination et d’exécution (CCE) composé de 5 membres.
Le territoire national a été divisé en 6 Wilayas en plus de la zone autonome d’Alger, incorporant pour la première fois le Sud. Ces Wilayas historiques étaient elles-mêmes subdivisées en zones et ces dernières en secteurs.
Le Congrès de la Soummam a également institué les grades militaires et les titres pour les responsables et militants civils.
Les commémorations cette année du double anniversaire de l’offensive du nord-Constantinois et du Congrès de la Soummam ont pour slogan : "20-Août, résistance et défi".
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