Jeudi 16 Août 2007

Célébration du cent cinquantenaire
de la résistance populaire de 1857.

Le coup d’envoi de la célébration du cent cinquantenaire de la résistance populaire de 1857 a été donné hier matin, à la commune d’Aït Aggouacha dans la wilaya de Tizi Ouzou, par la levée des couleurs sur la placette de la commune en présence de représentants officiels et nombreux participants venus rendre hommage aux martyrs de la grande bataille d’Icheridene. Après ce geste hautement symbolique, l’ouverture officielle des activités de cette célébration a été faite par le secrétaire général de la wilaya de Tizi Ouzou à la salle de conférences du centre familial d’Aït Aggouacha. Mouloud Dahla, dit Si Lahcen, ancien officier de l’Armée de libération nationale (ALN) et membre de l’Office national de muséologie (ONM), a présenté une conférence sur les dimensions politiques et spirituelles de la tariqa rahmania en mettant en exergue le rôle de ce courant spirituel dans la structuration de la famille et de la société et comment il a œuvré pour redonner de la valeur à la place de la femme et de la famille pour la construction de la société et, de ce fait, pour la construction de l’unité nationale. Le conférencier a soulevé la délicate question de l’éclatement de la tarika suite à la politique sournoise de colonialisme français ayant usé de la trahison de certains imams assimilés, qui ont créé des medersas afin de contrecarrer le souffle nationaliste de la tariqa rahmania. La seconde conférence a été présentée par Aït Ahmed Ouali sur la prise d’Icherridene, décrivant la grande bataille qui se déroula le 24 juin 2007. Lors de cette sanglante bataille, des milliers d’«imseblen», ces héros qui partaient sur le champ de bataille en sachant qu’ils allaient se sacrifier pour l’honneur et qui refusaient de courber l’échine face à l’envahisseur. L’intervenant a souligné que, lors de cette grande bataille, la majorité des villages de la région et même d’autres régions avaient envoyé tous leurs hommes valides pour résister à cette 15ème expédition de l’armée française dirigée par le maréchal Rondon qui avait mobilisé 4 divisions pour prendre la haute Kabylie. A la clôture des travaux de la matinée, la vice-présidente de l’APW de Tizi Ouzou, membre du comité d’organisation, Ouzna Moula, a souligné le fait qu’«il est important d’œuvrer pour transmettre les combats de nos ancêtres à la nouvelle génération. Surtout que, lors de la décennie pénible que nous venons de vivre, nos jeunes se sont fait manipuler, faute de repères». Les conférences se sont poursuivies l’après-midi avec l’intervention du sociolinguiste Mouloud Lounaci qui a présenté sa communication intitulée «Résistance amazighe, continuité historique» et Kacim Zineddine qui a abordé «le rôle des Aït Kaci dans la résistance à la colonisation française». La journée d’aujourd’hui sera également animée par d’autres conférences historiques qui se dérouleront au niveau du centre culturel de Larba Nath Irathen.

S. B. in La Tribune.

publié par M'hamed dans: djazair

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