« Les avantages de l’Algérie seraient immenses si, comme en Amérique,les races indigènes avaient disparu, et si nous pouvions jouir de notre conquête en sécurité, condition première de toute colonisation. Ce but atteint, il sera bon de voir ce que font les Anglais de leurs colonies… Colonisons, colonisons ! A nous la Mitidja ! A nous la plaine ! Toutes ces terres sont de première qualité. A nous seuls ! Car pas de fusion possible avec les Arabes ! »
C’est alors que commence la nuit coloniale en Algérie avec une grande et méthodique entreprise génocidaire. Même les grands esprits apportèrent leur concours. On peut citer au hasard la position de Victor Hugo. Dans ses notes personnelles, il écrit : « L’armée faite féroce par l’Algérie. Le général Le Flô me disait hier soir, le 16 octobre 1852 : "Dans les prises d’assaut, dans les razzias, il n’était pas rare de voir les soldats jeter par les fenêtres des enfants que d’autres soldats en bas recevaient sur la pointe de leurs baïonnettes. Ils arrachaient les boucles d’oreilles aux femmes et les oreilles avec, ils leur coupaient les doigts des pieds et des mains pour prendre leurs anneaux. Quand un Arabe était pris, tous les soldats devant lesquels il passait pour aller au supplice lui criaient en riant : cortar cabeza ! Le frère du général Marolles, officier de cavalerie, reçut un enfant sur la pointe de son sabre, Il en a du moins la réputation dans l’armée, et s’en est mal justifié." Atrocités du général Négrier. Colonel Pélissier : les Arabes fumés vifs. »
Parallèlement aux massacres, la machine infernale de dépossession et de destructuration se met impitoyablement en marche :
Alger, sur 5000 maisons, 3000 confisquées, 900 démolies
Séquestration des biens habous
En 1960 : 90% des plaines d’Alger, d’Oran et de Annaba aux colons
132 mosquées à Alger avant 1830, 12 mosquées en 1865 et une seule mosquée à Oran
Profanation des cimetières, envoi des ossements à Marseille pour fabriquer du noir animal
1832 : 10.000.000 habitants – 1872 : 2 100 000 musulmans
Avant 1830 : + de 100 écoles primaires à Alger, 86 à Constantine, 50 à Tlemcen.
6/7 collèges secondaires à Alger et Constantine, 10 zaouia (universités) en Algérie, 1 école dans chaque village ou groupe de hameaux.
1840 : 2 ou 3 instituteurs pour toute la province d’Algérie
1860 : 13 écoles franco-arabes.
Et ainsi de suite.

