Victor-Hugo, Rimbaud, Kateb Yacine.
« Le poète a toujours raison
Il voit plus haut que l’horizon
Et le futur est son royaume »
écrivait Louis Aragon(1897/1982).
Arthur Rimbaud(1854/1891), enfant terrible de la poésie française, illustre à merveille ces vers du poète considéré comme la mémoire du siècle. A 14 ans, alors qu’il est encore collégien, il écrit en latin un poème sur l’émir Abdelkader en lequel son génie précoce pressent déjà l’avenir de l’Algérie.
«Il est né sur les monts d’Algérie un enfant peu commun»
prophétise celui qui voit en Abdelkader l’héritier de Jugurtha et qui réduit ainsi en cendres la thèse de l’Afrique romaine et latine revenant de droit aux Français.
«Et la brise légère l’a dit
Jugurtha nous revient…» annonce-t-il.
«Depuis peu s’est levé celui
Qui bientôt deviendrait
Pour le peuple arabe et sa patrie un nouveau Jugurtha
Quand l’ombre de Jugurtha lui-même aux parents stupéfaits
Apparut, penché sur leur enfant et l’ombre rapporta
L’histoire de sa vie et se mit à conter
Ô patrie, Ô terre défendue par ma seule vigueur».
Inutile de souligner que ce poème découvert et traduit du latin par Jules Monquet en 1932 est royalement « ignoré » par les rimbaldiens.
Tout comme le poème écrit par Victor-Hugo (1802/1885), sur le même sujet ne figure pas au programme d’enseignement des établissements français. Dans ce poème l’auteur des Misérables fait un parallèle entre Napoléon III, brocardé comme «l’homme louche de l’Elysée» et l’Emir. Les deux hommes ont le même âge et c’est la visite que Napoléon III rend à Abdelkader sur les lieux mêmes de sa captivité qui inspire Victor-Hugo qui qualifiait la colonisation de «civilisation de la guillotine».
«Lui, l’homme fauve du désert
Lui, le sultan né sous les palmes
Le compagnon des lions roux
Le hadj farouche aux yeux calmes
L’Emir pensif, féroce et doux.»
écrit Victor-Hugo qui met en valeur «Le beau soldat, Le beau prêtre» et rabaisse Napoléon III, dernier monarque et le premier président des Français.
Clichés orientalistes mis à part, la personnalité de l’émir que l’historien Benjamin Stora qualifie d’ «homme de la synthèse» a profondément impressionné le plus grand des écrivains français.
Un autre adolescent, bien algérien celui-là, tiendra une conférence sur ce sujet décidément inépuisable. Nous sommes en mai 1947 à Paris et Kateb Yacine, marqué au fer des évènements du 8 mai 1945, prononce à la Salle des Sociétés savantes une véritable profession de foi qui annonce l’homme de conviction et l’écrivain génial qu’il restera toute sa vie. Ainsi bien avant que le louent ses propres ennemis et que ne le «redécouvrent» les politiques de son pays celui qui se prévalait du hadith bien connu «L’encre des savants est plus précieuse que le sang des martyrs» était chanté par les hommes de plume dont il fût.
Ne disait-il pas : «Le Kalam – la plume – depuis qu’il a été taillé a pour esclave le sabre depuis qu’il a été effilé».
Karimène Toubbiya (lemidi-dz.com)
L'Emir Abdelkader est à l'origine de la naissance des droits humains internationaux. 
L'Emir Abdelkader est fondateur de l'Etat algérien moderne a rappelé, hier, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, dans un message aux participants à la conférence sur le bicentenaire de la naissance de l'Emir (1808-2008).
Bouteflika a rappelé, également que l'Emir était à l'origine de la naissance des droits humains internationaux et a appelé à faire un grand plan sur sa personnalité, sa vie et son œuvre. "Si nous avons fait de l'Emir Abdelkader l'un de nos plus grands héros nationaux, c'est parce qu'il a été le fondateur de l'État moderne algérien, tout en animant une longue et héroïque lutte contre l'invasion française. C'est dans ces deux rôles d'homme politique avisé et d'homme de guerre valeureux que l'Emir est surtout, connu, aussi bien en Algérie qu'à travers le monde. Je vous félicite, donc, pour avoir choisi de soumettre à votre étude et à vos débats, l'action de l'Émir dans le domaine humanitaire, d'abord parce que cette action est beaucoup plus importante qu'on pourrait le penser et, ensuite, parce qu'elle est moins bien connue que ses réalisations et ses prouesses politiques ou militaires", dira le président. L'Emir Abdelkader, homme de culte et de culture, mais aussi politicien et militaire a, en effet, réservé une grande importance aux droits de l'homme. Son descendant, Idriss El Djazaïri, qui est également le représentant permanent de l'Algérie, auprès des Nations unies à Genève a rappelé, dans ce sens, une date phare, 1837, l'année durant laquelle l'Emir Abdelkader a promulgué une loi sur la fondation de l'Etat algérien moderne qui interdisait de tuer tout détenu démuni de son arme et exhorté tout algérien à bien traiter le prisonnier. "Selon plusieurs témoignages concordants, l'Émir rédigea un décret national sur les méthodes de guerre. Ce décret interdisait à ses troupes de porter atteinte à la dignité des prisonniers et à leur intégrité physique. Ce règlement militaire interdisant la torture et la mise à mort des captifs ennemis, a été formalisé dans une charte, elle-même approuvée par une large assemblée des chefs de tribu et de représentants des structures de l'Etat algérien de l'époque", affirmera le président de la République. Le respect des droits humains a accompagné l'Emir dans son exil, à Damas, où il a résolu, en 1860, un grave conflit entre les chrétiens et les musulmans. Les émeutes de Damas lui fournissent l'occasion de s'illustrer comme un personnage hors pair. Il sauve des milliers de chrétiens du massacre et fait reculer les émeutiers. Plusieurs chefs d'Etat lui adressent des félicitations et des décorations, notamment ceux d'Angleterre, de Russie, de France... Célèbre et honoré, il s'éteint à Damas le 26 mai 1883. Une foule considérable assiste à ses funérailles.
Un long métrage est prévu pour retracer justement sa vie. C'est ce qu'a déclaré la ministre de la Culture devant les députés, ce week-end, en précisant que le coût prévisionnel du film pourrait dépasser les 5 milliards de DA. Un montant qui, à première vue, paraît élevé, est en réalité infime si on le compare à d'autres productions de dimension internationale qui dépasserait ce coût par cinq fois, selon Khalida Toumi. Le projet de réalisation date de 20 ans, mais n'a pas pu voir le jour pour des raisons juridiques, notamment celles relatives à la loi des transactions publiques.
Adnane Cherih (Le Maghreb)
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L´EMIR ABD EL KADER
«Un homme, un destin, un message»
«Plutôt que d´interroger, nous nous interrogeons sur l´avenir de l´homme en général et de l´Occident en particulier puisque c´est lui qui dominera le monde matériel. Cet Occident est malade de son intelligence. Il a beau être savant, il n´arrive pas à saisir une vérité essentielle tant il est vrai qu´il est assoiffé de conquête et de pouvoir, aveuglé par l´illusion de sa puissance, prônant l´argent pour Dieu.»
L´Emir Abd El Kader dans "El Maoukef"
... http://lexpressiondz.com/article/8/2008-05-29/53025.html
http://www.hi5.com/friend/group/displayGroupFront.do?groupId=1223437
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OUVERTURE DU MOIS DE SOLIDARITÉ AVEC LA PALESTINE
Cette manifestation a débuté jeudi en présence d’une délégation politique dont le chef du gouvernement, M.Belkhadem, qui réitérera son optimisme et son engagement quant au retour des réfugiés palestiniens dans leurs terres.
A l’occasion du «Mois de solidarité avec la Palestine», organisé à l’occasion du 60e anniversaire de la Nakba de 1948, la Bibliothèque nationale d’El Hamma organise, depuis jeudi dernier, une série de manifestations pour témoigner de sa solidarité avec le peuple palestinien. Ont pris part à cette manifestation, l’ambassadeur de Palestine à Alger, M.Ahmed Abderrezak, des chefs et responsables de partis politiques algériens et des membres du corps diplomatique accrédités à Alger ainsi que des représentants de la société civile et de la communauté palestinienne établie en Algérie. Tous ont réitéré leur soutien indéfectible à la Palestine, et ont souligné leur détermination à voir un jour la Palestine recouvrer ses habitants, qui retrouveront leurs terres et vivront dans la paix. Organisée par la Bibliothèque nationale (BN), en coordination avec l’ambassade de Palestine à Alger et le département de Wallonie-Bruxelles (Belgique), cette manifestation a été marquée par une minute de silence observée par les présents, à la mémoire des chouhada palestiniens, suivie de plusieurs allocutions en faveur de l’affirmation du droit des réfugiés palestiniens au retour.
Le soutien algérien à la Palestine
Dans une allocution prononcée en préambule par le chef du gouvernement, M.Belkhadem a affirmé qu’«il n’y a point de paix sans justice. Celle-ci ne sera faite qu’à travers le respect total des droits des Palestiniens à l’établissement de leur Etat indépendant et souverain au sein duquel vivront tous les Palestiniens de l’intérieur des territoires occupés et de la diaspora», ajoutant «la paix ne peut être instaurée sans le retrait israélien des territoires arabes occupés». Le chef du gouvernement a, en outre, rappelé les différentes étapes historiques ayant abouti à la spoliation de la terre palestinienne et la création de l’Etat d’Israël, à partir du congrès sioniste tenu en 1897 à Bâle (Suisse) jusqu’à la résolution des Nations unies qui prévoyait le partage de la Palestine en 1948, en passant par la promesse de Balfour. Le chef du gouvernement est également revenu sur le soutien de l’Algérie à la cause palestinienne à travers les différentes étapes historiques au double plan régional et international, tout en réitérant l’engagement de l’Algérie à «soutenir la Palestine jusqu’à la victoire et au retour de l’ensemble des ses enfants à leurs terres». Pour sa part, le directeur général de la Bibliothèque nationale, M.Amine Zaoui, a salué la lutte du peuple palestinien contre l’occupant israélien, soulignant le droit des réfugiés palestiniens au retour, rappelant que l’histoire de la Nakba est d’abord géographique.
Il déplorera, par ailleurs, la disparition de tous ces intellectuels palestiniens morts ou assassinés à l’étranger, en exil, comme Edward Saïd aux USA et le caricaturiste palestinien Nadji Ali, notamment. Un site de la bibliothèque virtuelle palestinienne a été lancé à cette occasion sur le site de la BN pour faire parvenir le livre palestinien au lecteur, «pour que ce dernier ne soit pas victime d’une autre nakba», a annoncé M.Zaoui.
De son côté, Mme Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des travailleurs, a dénoncé devant l’assistance la participation de certains pays dont la France, les USA et l’Angleterre, aux fêtes israéliennes célébrant l’anniversaire de la création de l’entité sioniste sur les décombres des territoires palestiniens et au détriment de la diaspora palestinienne qui a été obligée de quitter les territoires pour aller vivre à l’étranger. Elle stigmatisera la politique de Bush tout en dénonçant la barbarie dont fait l’objet la Palestine et d’autres pays arabes, victimes de violences et d’acharnement avec la complicité de la communauté internationale.
Elle proposera enfin de faire de ce mois une tribune de réflexion à même d’avancer des solutions pour trouver enfin la paix au moment où toutes négociations de trahison, ont échoué. Elle se dira optimiste quand au recouvrement des Palestiniens de leurs terres, arguant qu’il s’agit avant tout d’«une affaire de destin commun». De son côté, le secrétaire général du Front national algérien (FNA), M.Moussa Touati, a appelé à l’unification des rangs et de la position palestinienne concernant la résistance, en dénonçant les politiques arbitraires qu’Israël continue d’appliquer dans les territoires palestiniens telles que le mur de séparation et le blocus imposé dans la bande de Ghaza.
Par ailleurs, l’ambassadeur de Palestine à Alger, M.Ahmed Abderrezak, a adressé, dans un message prononcé en cette occasion, les remerciements de son pays au peuple algérien et au président de la République, M.Abdelaziz Bouteflika, pour le soutien apporté à la cause palestinienne. Il a mis l’accent sur la nécessité de l’unité palestinienne et la mise en oeuvre d’une stratégie unifiée pour faire face à l’occupant israélien.
Véronique Vercheval et la Nakba
Enfin, le représentant de l’ambassade de Belgique en Algérie, M.Charles Houard, a annoncé que la Wallonie-Bruxelles consacrera, de septembre à novembre prochains, une saison artistique dédiée à la Palestine. M.Houard a indiqué que ces trois mois seront une occasion pour beaucoup d’artistes palestiniens de sortir, parfois pour la première fois, de montrer leurs oeuvres dans différents domaines que ce soit le théâtre, le cinéma, la musique ou la danse. A ce titre, la Wallonie-Bruxelles organise à la BN depuis jeudi, une exposition de photographies consacrées à la Palestine, signée Véronique Vercheval. De belles photos en noir et blanc, prises depuis 2002 et qui témoignent, «légende» à l’appui, de la joie et des peines des hommes, des femmes voilées ou non et des enfants, de leur dignité à rester debout malgré tout.
De leur vie quotidienne cassée par l’humiliation de l’occupation, marquée de ses incessants check-points, de murs de la honte et de ruines et de maisons lézardées.....«Ces photographies rendent compte d’un côté de la douleur et de la souffrance du peuple palestinien et d’un autre côté, de l’énergie animant ce peuple qui garde espoir, malgré toutes les difficultés qui lui sont imposées, cette force vivante de créativité», a expliqué le diplomate qui a précisé que cette exposition intervient également dans le cadre du festival culturel européen qui a choisi de placer l’année 2008 sous le thème du «dialogue interculturel». Le chef du gouvernement, M.Abdelaziz Belkhadem, a visité les différents pavillons de cette exposition où il a reçu des explications sur le sens des photographies exposées qui reflètent la souffrance d’une population entière. Un film documentaire intitulé Palestine au quotidien: la réalité en directe, réalisé par le Mouvement belge pour l’éducation permanente, a été également présenté suivi d’un débat. Par ailleurs, un atelier de dessins pour enfants algériens et palestiniens a été organisé à cette occasion, consacré aux souffrances des enfants palestiniens dans les territoires palestiniens occupés.
Outre l’exposition, le programme de ce mois comprend aussi la participation de «cinq témoins» belges qui présenteront leurs oeuvres à ce «Mois de solidarité avec la Palestine». Il s’agit notamment d’une communication sur «l’impérialisme humanitaire», d’une projection d’un film documentaire intitulé Palestine au quotidien: droit dans le mur, réalisé par une télévision régionale belge, et de la présentation d’un ouvrage titré Ghaza dans les yeux. Une exposition à visiter et des conférences et projections à ne pas rater.
C’est le minimum que l’on puisse faire pour témoigner de son engagement et de sa solidarité envers la Palestine, dira, en effet, ce spectateur...
O. HIND (lexpressiondz.com)
Le général Aussaresses avoue le meurtre de Larbi Ben M’hidi
L’ancien barbouze a fait cette révélation en publiant son second livre sur la guerre d’Algérie Je n’ai pas tout dit. A une question posée par l’animateur de l’émission pour savoir s’il était vraiment derrière l’assassinat du chef historique, il répondit clairement et sans faux-fuyants : «Je suis obligé de vous répondre. Et bien, ce sont les circonstances qui m’ont amené à ça !» S’il reconnaît officiellement avoir reçu les ordres de sa hiérarchie, en l’occurrence François Mitterrand, le ministre de la Justice de l’époque et par la suite président de la République française le général français a ajouté que ce dernier lui avait dit de «maquiller le meurtre en suicide». 
A titre de rappel, la France officielle a toujours refusé de reconnaître le meurtre de Larbi Ben M’hidi. Déjà, dans un ouvrage publié au début de mai 2001 et intitulé Services spéciaux, Algérie 1955-1957 (Editions Perrin), le général Paul Aussaresses, 83 ans, coordinateur des services du renseignement de l’armée à Alger en 1957 auprès du général Massu, revendique, sans remords, les tortures, les exécutions sommaires de «suspects», parfois maquillées en suicides, et le massacre de civils auxquels il a participé ou qu’il a ordonnés : «Tout ce que j’ai fait était conforme à la déontologie de tout militaire dans les conditions de guerre.» Selon lui, l’utilisation de la torture «était tolérée, sinon recommandée» par le pouvoir politique.
Il affirme avoir agi avec l’aval des politiques, notamment le juge Jean Bérard qu’il qualifie d’»émissaire» du garde des Sceaux de l’époque, François Mitterrand. Il a indiqué que la torture, «pratiquée couramment par la police à Philippeville», au moment de son arrivée sur le territoire algérien, était systématique pendant la bataille d’Alger en 1957.
Son commando torturait et tuait à Alger durant la nuit : «C’est efficace la torture, la majorité des gens craquent et parlent. Ensuite, la plupart du temps, on les achevait (…) Est-ce que ça m’a posé des problèmes de conscience ? Je dois dire que non.»
Le martyr Larbi Ben M’hidi naquit en 1923 dans le douar El-Kouahi, aux environs d’Aïn M’lila. Cadet d’une famille composée de trois filles et deux garçons, il débuta ses études à l’école primaire française de son village natal. Larbi Ben M’hidi joua un rôle très important dans les préparatifs de la révolution armée et œuvra à convaincre tout le monde d’y participer.
Il prononça une célèbre phrase : «Jetez la révolution dans la rue et elle sera prise en charge par le peuple.» Il était le premier chef de la zone V (Oran).
Le martyr figure parmi ceux qui œuvrèrent avec sérieux à la tenue du congrès de la Soummam aux côtés d’Abane Ramdane, le 20 août 1956. Il a été ensuite désigné membre du Comité de coordination et d’exécution de la révolution algérienne (haut commandement de la révolution). Il dirigea la fameuse bataille d’Alger au début de l’année 1956 et à la fin de l’année 1957 jusqu’à son arrestation à la fin du mois de février 1957.
Il mourut sous la torture au cours de la nuit du 3 au 4 mars 1957 dans les locaux de la police française, après avoir donné une leçon d’héroïsme et d’endurance à ses bourreaux.
M. T. (Le Jeune Independant)
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Florence Beaugé. Journaliste et auteure
« Aussaresses a fait avancer l’histoire par ses révélations »
Journaliste au Monde, Florence Beaugé est à l’origine du « retour de mémoire » en France sur la guerre d’indépendance de l’Algérie dans le courant de l’année 2000. Dans Algérie. De la guerre à la mémoire. Paris-Alger : quel avenir (éditions du Cygne), elle recueille huit ans de reportages, d’enquêtes en Algérie et en France, de témoignages de victimes de la torture et d’officiers français qui la pratiquaient. L’un d’entre eux, le général Paul Aussaresses, qu’elle a rencontré à de multiples reprises, revient dans un livre d’entretiens réalisés par le journaliste Jean-Charles Deniau Je n’ai pas tout dit. Ultimes révélations au service de la France, éditions du Rocher (lire El Watan du 20 mai, ndlr) sur des révélations qu’il a déjà faites dans son premier livre Services spéciaux, Algérie 1955-1957 (éditions Perrin, 2002) et dans ses interviews à Florence Beaugé, concernant notamment les circonstances de l’exécution du leader du FLN, Larbi Ben M’Hidi en 1957.
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La superficie totale de la France est 551 000 km². Le nombre d’électeurs inscrits est de 42 millions. Selon la Constitution, seuls 76 électeurs par km² auraient dû voter pour choisir entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal lors de la dernière élection présidentielle. Cela signifie que seul 1 électeur sur 1 000 pouvait participer au choix du président de la République. Chaque électeur aurait été lui-même choisi par le maire de sa ville ou de son village, seul habilité à décider qui peut voter ou non.
Étonnant, n’est-ce pas ? Stupide même, non ?
C’est pourtant bel et bien cette règle qui est appliquée pour choisir les représentants du culte musulman en France.
Décryptage
Tous les conseils régionaux du culte musulman (CRCM) fonctionnent donc selon ce système de scrutin ubuesque. Dans le cadre des CORELEC (Comités Régionaux des Elections) structures provisoires et inefficaces mises en place par les CRCM pour la “préparation” des élections, des fidèles mesurent approximativement, à la louche, sans véritable contrôle, la surface de chaque salle de prière ou de chaque mosquée. Ils obtiennent alors un nombre qui sera décisif pour le scrutin : c’est en effet ce nombre qui va déterminer le nombre de délégués, désignés par le seul président du lieux de culte, et qui pourront participer à l’élection des représentants des instances du culte musulman. Concrètement, plus la surface du lieu de culte est importante, plus les délégués qu’y sont rattachés seront nombreux. Et plus ils pèseront sur le scrutin et le choix des présidents des différents CRCM. Le nombre de délégués électeurs des lieux de culte est défini selon le barème suivant :
Téléchargez le règlement électoral
|
Superficie utile (1) |
Nombre de délégués |
Catégories |
|
|
1 |
Jusqu’à 100 m² |
1 |
Salles de prière |
|
2 3 4 5 6 7 8 |
De 101 à 200 m² De 201 à 300 m² De 301 à 400 m² De 401 à 500 m² De 501 à 600 m² De 601 à 700 m² De 701 à 800 m² |
3 4 5 6 7 8 9 |
Salles de prière et mosquées |
|
9 |
Plus de 800 m² |
15 |
Grandes Mosquées |
|
10 |
18 |
Grande Mosquée de Paris |
(1) Calcul de la superficie utile : superficie de la ou des salles de prières + 20 % de la superficie des autres locaux effectivement utilisés pour le culte (surface utile). A titre indicatif sont inclus dans la surface utile : les salles d’ablutions, les bibliothèques, les salles de cours de religion musulmane, etc. Sont exclus du calcul : les parkings, les préaux, les cours, les jardins, les escaliers, etc.
(2) Pour les salles de prière des foyers de travailleurs non fermées au public, seule est prise en compte la superficie de la salle de prière.
Comment donc dans ces conditions réussir à mettre en place des structures représentatives ? Nous marchons sur la tête. Ce type de scrutin est non seulement insensé, mais encore injuste et surtout en complet décalage avec la réalité. En Alsace par exemple seules 250 personnes sur plus de 100 000 musulmans peuvent élire leurs « représentants ». Il n’est par ailleurs pas surprenant que les élections des présidents des CRCM soient le théâtre de tension et de manipulation en tout genre : c’est le mode de scrutin même qui le veut.
Pour autant, les solutions ne manquent pas. Permettre une plus juste représentativité est tout à fait possible. Nous en formulerons une.
Proposition de principe
La plupart des lieux de culte musulmans sont en France gérés par des associations dite de « loi 1901 ». De fait, ces associations obéissent à une législation précise et bien déterminée s’agissant des statuts, de la comptabilité, de la fiscalité etc. Elles fonctionnent par ailleurs la plupart du temps grâce aux adhésions de ses membres.
Par conséquent, la cohérence voudrait que ce soit tous les membres adhérents qui élisent leurs représentants et non seulement une poignée d’entre eux. L’enjeu de ces élections qui engagent l’avenir des musulmans de France est bien trop important pour qu’on le laisse à la seule discrétion de quelques-uns.
A cet effet, nous formulerons ci-après deux propositions pour une meilleure prise en compte de la réalité et une représentativité effective et démocratique des instances musulmanes de France.
- Les membres adhérents des lieux de culte doivent être à jour de leur cotisation pour participer à l’élection de leurs représentants. On peut imaginer par exemple un système triangulaire de paiement des cotisations :
- le fidèle qui veut devenir ou qui est déjà membre de l’association qui gère sa mosquée ou sa salle de prière envoie sa cotisation directement au CRCM.
- Le CRCM encaisse le paiement, puis le reverse à l’association à laquelle le fidèle est adhérent.
En procédant de la sorte, on s’assure que les listes que possède le CRCM sont à jour, ainsi que les cotisations des adhérents. Il sera en outre possible d’avoir une liste précise des futurs électeurs.
- Les associations gestionnaires des lieux de culte doivent être irréprochables sur le plan de leur comptabilité. Pour cela nous proposons que chaque année le bilan comptable et financier de l’association soit approuvé par un expert comptable, sans qu’il ne soit possible d’y déroger..
Ces propositions simples permettront de satisfaire le souci de la communauté musulmane d’être véritablement représentée.
Nous nous étonnons que le Conseil français du culte musulman (CFCM) n’est jamais modifié son règlement électoral. Un tel changement s’impose pour asseoir sa légitimité sur une réelle représentativité démocratique. Il faudrait, a minima, expérimenter un autre système de scrutin à l’échelle de 2 ou 3 régions pilotes avant de l’étendre à toute la France.
Revendiquons ensemble notre liberté, notre dignité et notre honneur. Signez et faites signer la pétition pour un rassemblement de nos forces, pour un égal bénéfice de la loi et une démocratie pour tous.
Par Benabdellah SOUFARI, président du conseil régional du Culte musulman d’Alsace
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Sur le meme sujet: La Grande Mosquée de Paris ne participera pas aux prochaines élections du CFCM.
La Grande Mosquée de Paris débarquera du CFCM le 8 juin 2008
Le samedi 11 avril 2008, la Fédération Nationale de la Grande Mosquée de Paris (FNGMP) s’est réunie dans le cadre d’une réunion du bureau exécutif pour débattre de sa participation ou non aux prochaines élections du Conseil Français du Culte Musulmans (CFCM) prévues le 8 juin 2008.
Il semblerait, selon nos sources d’information, qu’à l’unanimité, il a été décidé que la FNGMP ne participera pas aux élections du mois de juin, et, que cette dernière gèlerait dés à présent sa participation aux instances du CFCM.



