L'étude des rapports culturels entre le Maghreb et l'Afrique noire (1) démontre que les échanges en matière d'art et de culture entre les deux univers se caractérisent par une inertie palpable. En effet, si l'on prend les festivals comme baromètre du niveau de ces échanges, on constate que seulement trois festivals sont dédiés au Nord à la culture africaine : deux au Maroc (Festival du cinéma africain de Khouribga, Festival international des musiques africaines "Magic Draâ" à Zagora), et un seul en Algérie (Festival arabo-africain de danse folklorique de Tizi-Ouzou). Au sud, aucun événement n'est organisé dans le but de se rapprocher du Maghreb : les festivals dits "africains" sont réservés presque exclusivement aux artistes noirs. D'autre part, les échanges et les conventions culturelles interarabes ou inter musulmanes pour les pays du Maghreb, et intra Afrique noire pour ceux du Sud fleurissent.
Il y a là support problématique pour une réflexion susceptible d'aider à comprendre ce constat paradoxal, tant les discours officiels des pays du Maghreb revendiquent une composante identitaire "africaine" infaillible, et que les pays de l'Afrique subsaharienne se disent pleinement convaincus que leurs "frères blancs" sont africains à part entière.
Une explication généraliste considérant le Maghreb comme une entité politique homogène serait fondamentalement erronée. Les trois pays du Maghreb qui sont l'Algérie, le Maroc et la Tunisie, de par leurs parcours historiques et leurs politiques culturelles souveraines, maintiennent des rapports singuliers avec l'Afrique subsaharienne.
Nous tenterons dans cet article de traiter du seul cas de l'Algérie tout en évoquant quelques aspects intéressants des deux autres pays.
A l'époque des mouvements africains de résistance armée et intellectuelle, le fossé idéologique et culturel séparant une grande partie de l'Afrique noire de l'Algérie existait déjà : c'est qu'à l'origine, la définition de la résistance à la colonisation pour l'une et pour les autres n'avait pas la même signification. Dans l'Afrique de Léopold Sédar Senghor, la "négritude", notion qui fait référence à l'homme de couleur noire, était l'essence de tout combat, qui doit être de préférence intellectuel plutôt qu'armé. En Algérie, c'est au nationalisme arabe mélangé au communisme et à l'Islam que les dirigeants s'abreuvaient principalement pour mener leur lutte armée.
Le sentiment d'appartenance au continent africain n'est venu qu'à l'indépendance : aucun des trois textes fondateurs de la République Algérienne rédigés avant 1962 ne faisait allusion directe à l'appartenance du pays au continent africain. C'est une fois libérée que l'Algérie a connu et reconnu sa composante identitaire africaine en la constitutionalisant en 1963.
La libération du joug colonial acquise, essentiellement à partir de la fin des années cinquante du siècle passé, les pays africains font plus ample connaissance entre eux et les divergences quant à la définition de la notion de résistance n'allaient pas tarder à se transformer en différent idéologique profond qui divisa le continent en deux blocs : une Afrique exclusivement noire qui faisait de la "négritude pacifiste" son cheval de bataille, et une Afrique plus diversifiée, révoltée et indomptable, qui ne se reconnaissait pas dans l'idéologie cultivée par Senghor. Le mouvement de la "négritude", avec une longueur d'avance sur ses détracteurs, car appuyé par la France, organisera son premier Festival mondial des arts nègres à Dakar en 1966 et l'inscrit dans le thème "Fonction et importance de l'art nègre et africain pour les peuples et dans la vie des peuples". La manifestation se voulait être un événement historique pour inscrire la négritude dans les courants culturels mondiaux.
Le Maroc et la Tunisie étaient, avec les Emirats Arabes Unis, les seuls pays arabes à avoir participé au festival. Le Maroc, en conflit sur les frontières avec l'Algérie, ne pouvait que soutenir un événement qui ne plaisait pas à son "frère ennemi". Cependant, les intellectuels marocains, en majorité de tendance communiste à l'époque, étaient farouchement hostiles au festival de Dakar. Les contemporains de l'événement se rappellent bien de la diatribe du journaliste Abdallah Stouky parue dans la revue « Souffle » en 1966, une revue qui sera d'ailleurs interdite quelques années plus tard et son fondateur jeté en prison par le Roi Hassan II.
La Tunisie, quant à elle, par son président El Habib Bourguiba, soutenait Senghor dans son projet de francophonie internationale. La complicité entre les deux hommes cachait en réalité un rapport d'intérêt. En effet, c'est le projet francophone qui intéressait Bourguiba et non Senghor. Georges Lapassade dans un entretien avec Olivier Barlet révèle une discussion avec Senghor où ce dernier avait affirmé que dans les yeux de Bourguiba, il n'était que "son petit nègre" (3).
L'Algérie n'était pas présente au festival de Dakar. Seule la chanteuse Taos Amrouche, qui résidait à Tunis, avait représenté son pays contre vents et marrés et recevra le prix de la musicologie. Elle sera privée de participation au Festival panafricain d'Alger en 1969.
En Afrique noire, le boycott viendra par la Guinée d'Ahmed Sékou Touré. Sur le plan international, c'est Cuba de Fidel Castro qui fera de même. Les deux pays étant communistes, ils manifestaient de fait leur solidarité avec le parti d'extrême gauche sénégalais PAI (Parti Africain de l'Indépendance), interdit, et ses partisans malmenés à l'époque par Senghor. A l'instar de l'artiste noir américain Paul Robeson et de la chanteuse sud-africaine Myriam Makeba, plusieurs autres personnalités refusaient de participer au festival. Les voix s'élèveront à l'intérieur même du Sénégal quand l'Union Générale des Etudiants de l'Afrique Occidentale (UGEAO) et ceux de l'Union générale des étudiants sénégalais (UGES) appelleront au boycott.
Les raisons de l'absence de l'Algérie étaient certes accentuées par le fait que Senghor réprimait les communistes (le pays étant profondément socialiste) mais les raisons principales sont ailleurs. En fait, la négritude ne correspondait pas à la vision que l'Algérie avait de la nature des relations que l'Afrique se devait d'entretenir avec les anciennes puissances coloniales. Sous le patronat du général de Gaulle, le premier Festival Mondial des Arts Nègres de Dakar était considéré par le pays "d'un million et demi de martyrs" comme une insulte à l'ensemble des peuples qui ont souffert du colonialisme. Ainsi, l'Algérie devenue modèle de décolonisation et de résistance, découvrait soudainement son appartenance africaine. Mais elle ne pouvait se reconnaître dans un mouvement de négritude ethnocentriste et de surcroît asservi à la France.
L'Algérie décide alors de ressusciter un mouvement qui correspondait à ses orientations. De tendance dure vis-à-vis du colonisateur et appelant à regrouper toutes tendances africaines au-delà des pigmentations, le panafricanisme constituait le mouvement idéal qui lui permettait d'attirer l'attention et d'asseoir son leadership sur les pays tiers-mondiste. Alger dépoussière le mouvement et lui conçoit un festival sur mesure : le premier Festival Culturel Panafricain d'Alger, appelé aussi "Opéra du tiers-monde". Il est organisé en 1969 sous le signe de "Réalités de la culture africaine et rôle de la culture africaine dans la libération nationale, dans la consolidation de l'unité africaine et dans le développement économique et social de l'Afrique".
La manifestation était une réponse à l'exclusion ressentie par l'Algérie de la part des organisateurs du FESMAN mais aussi une réponse à la France pour lui signifier que l'indigène qu'elle a cru incapable de prendre son destin en main est désormais capable de la concurrencer sur l'ensemble d'un continent.
Les mécontents du Festival Mondial des Arts Nègres affluaient de tous bords vers Alger pour argumenter leur opposition à l'idée de la négritude. De la sorte, Henri Lopes, Stanislas Adotevi, Wole Soyinka, Amilcar Cabral, René Depestre et d'autres intellectuels encore feront du festival une tribune pour régler leur compte avec Senghor. A Dakar même, la conférence de Pathé Diagne, intitulée "La négritude au Festival Panafricain d'Alger", au lendemain du festival, déconstruisait sans ménagement la notion de "négritude". L'intellectuel sera menacé de mort et s'exilera en France puis aux Etats-Unis (4).
Aujourd'hui, le Festival Panafricain continue d’être une référence de politique culturelle en Algérie en général, et dans la capitale en particulier. Cette brève plongée de type synchronique révèle qu'une partie de l'origine du problème de l'incompréhension entre l'Algérie et le continent noir prend sa source dans une dialectique historique complexe liée à une confrontation idéologique entre les tenants de la "négritude" au Sud et les partisans du "panafricanisme" situés au Nord mais aussi dans le Sud. L'antagonisme est accentué par l'incapacité, pour la plupart des pays d'Afrique noire, d'imaginer le continent autrement que "noir", et pour les pays du Maghreb de se détacher de leur complexe de supériorité dans leurs rapports avec l'autre partie. L'Europe, à travers ses programmes sectoriels destinés à l'Afrique qui distinguent le Nord du Sud, appuie les disparités.
On aurait pu en rester là, mais seulement voilà : presque quarante années plus tard, et au moment où tout le monde pensait que les vieux démons idéologiques séparant l'Afrique avaient disparu, voici que le gouvernement algérien décide d'organiser en juillet 2009 le deuxième Festival Culturel Panafricain d'Alger. Quelques mois plus tôt, Abdoulaye Wade avait annoncé la tenue, à Dakar, de la troisième édition du Festival Mondial des Arts Nègres dans la ville qui l'a vu naître, après une deuxième édition organisée à Lagos en 1977 mais qui n'a pas suscité un grand intérêt.
Présenté auprès de l'Union Africaine (UA) en Afrique du Sud le 17 novembre 2007, le projet d'organiser une deuxième édition du festival panafricain a été révélé quelques mois après le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, discours qui a suscité l'émoi en Algérie. Déjà, à l'époque du Festival mondial des arts nègres en 1966, le discours d'André Malraux à Dakar avait provoqué un tollé à Alger et le Manifeste du Festival panafricain émis 3 ans plus tard n'était qu'une réponse directe à ce discours. Aussi, est-il intéressant de constater que le Maroc, n'étant pas membre de l'Union Africaine et toujours en conflit avec son voisin algérien, fait partie du comité d'organisation du FESMAN 2009.
La coïncidence de l'organisation des deux festivals en 2009, et à quatre mois d'intervalle, ne laisse pas de doute pour affirmer que l'Algérie ne voulait pas rester les mains croisées face à un FESMAN 2009 où elle allait être mise à l'écart. Un FESMAN sous le signe de la francophonie alors qu'elle ne fait toujours pas partie de l'organisation internationale de francophonie. Avec son "contre festival", Alger veut réaffirmer son refus de l'hégémonie française sur l'Afrique, au moment même où l'ancien colonisateur refuse toujours de reconnaître ses crimes commis pendant la colonisation.
Même si le président Wade a vidé le Festival Mondial des Arts Nègres 2009 de sa "négritude" pour en faire une "Renaissance de l'Afrique", le festival demeure le protégé de la France qui participe, avec le Maroc, à son orientation et à son organisation. La production et la direction générale du FESMAN 2009 sont assurées par deux Français : Jean-Pierre Bloch et Gad Weil.
Le Festival culturel panafricain d'Alger ne pourra inviter des panafricains convaincus comme autrefois étant donné que la plupart ont disparu ou se sont convertis par la force des choses en théoricien au bord des facultés européennes et américaines. De ce fait, le conflit idéologique d'autrefois qui opposait le mouvement de la négritude au mouvement du panafricanisme s'est considérablement affaibli. Le conflit s'est transformé en enjeu géopolitique entre l'Algérie d'un côté, le Maroc et la France de l'autre.
Ammar Kessab
NOTES
1 - Maghreb-Afrique noire : quelles cultures en partage, Cultures Sud, n°169, avril-juin 2008.
2 - La Proclamation du 1er novembre 1954 ; la Déclaration du congrès de la Soummam de 1956 ; la Déclaration du congrès de Tripoli en juin 1962.
3 - Entretien d'Olivier Barlet avec Georges Lapassade. Paris, octobre 1998.
4 - Entretien personnel avec Pathé Diagne en 2009 à Yaoundé, Cameroun.
* Ammar Kessab est chercheur en ingénierie culturelle, spécialiste des politiques culturelles africaines info@alger-culture.com
Le Quotidien d'Oran
Il se dégage nettement, à la lecture de ce rapport, que le système colonial n'était pas là pour apporter le bonheur ou la sérénité aux peuples colonisés. Plusieurs événements de l'histoire coloniale peuvent étayer cette thèse. Pour le cas de l'Algérie, les événements de mai 1945 sont là pour nous rappeler la domination effrénée des colonialistes. Toutefois, la participation des colonisés à la chute du nazisme, lors de la Seconde Guerre mondiale, a laissé entrevoir une brèche de liberté. Bien que la brutalité du système colonial ne soit pas très éloignée de celle du système nazi, le parti pris des colonisés pour celui-là les a induits en erreur en pensant à l'imminence de leur libération.
Malgré un effort de guerre énorme des Algériens, les autorités coloniales n'ont pas épargné leurs familles. En effet, sur 173.000 Algériens ayant pris part à la guerre aux côtés des alliés entre 1943 et 1945, 85.000 étaient des engagés. Hélas, à leur retour au pays, ceux qui ont participé à la campagne d'Italie, de France et d'Allemagne ont constaté que la situation de leurs coreligionnaires ne s'est pas améliorée. Au contraire, la victoire des alliés a revigoré le système colonial abhorré. Et la recommandation parisienne a été la suivante : écraser toute manifestation des «indigènes» voulant s'affranchir du giron colonial. Or, en ce jour symbole de la liberté, était-il possible, s'interroge pour sa part Jean-Louis Planche, «d'exalter la passion nationaliste des uns et refréner celle des autres ?».
Le mouvement national qui tirait à hue et à dia a pu s'entendre sur un programme commun. La création des AML (Amis du Manifeste et de la Liberté), le 14 mars 1944, avait réalisé ses desiderata : l'union des trois partis nationalistes musulmans, le PPA de Messali Hadj, les élus ou les partisans de Ferhat Abbas et les ulémas d'Ibrahimi. La revendication des AML pour un Etat autonome fédéré à la France, au début de ses assises, a été mise au placard au profit de la création d'un Etat séparé de la France. Leur combat désormais avait pour but de doter le pays d'une assemblée constituante élue au suffrage universel, et ce par tous les habitants de l'Algérie. Pour ce faire, les AML devaient d'abord faire connaître le problème algérien aux principales puissances alliées, notamment les USA et les Britanniques. Cependant, bien que la France ait décidé de garder les départements algériens attachés à elle, les nationalistes savaient que les résolutions des trois précédentes conférences internationales jouaient en leur faveur. Il y avait d'abord la conférence de l'Atlantique, du 14 août 1941, qui proclamait «le droit pour chaque peuple de choisir la forme du gouvernement sous lequel il doit vivre» ; ensuite, il y avait la conférence de San Francisco qui soutenait « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes», ainsi que l'engagement de cette dernière à «tenir compte des aspirations des populations et à les aider dans le développement progressif de leurs libres institutions politiques»; et enfin, la conférence d'Héliopolis, au Caire, ayant donné naissance à la «Ligue arabe» en mars 1945. Ainsi, en prenant l'opinion internationale à témoin, les AML ont décidé d'utiliser une seule arme: le drapeau vert et blanc.
Une nation ne peut être considérée comme telle que si elle possède certains critères : son territoire, ses institutions, son emblème, etc. l'Algérie des années quarante ne possédait pas tout ça d'une façon tangible ; mais dans l'esprit des nationalistes, il ne s'agissait que d'une question de temps. Le respect que vouaient les Algériens à leur emblème était la preuve de leur désir de vivre dans une Algérie indépendante séparée de la France. Ainsi, lorsque le commissaire Lucien Olivieri a intimé l'ordre, le 8 mai 1945 à Sétif, au porte-drapeau de jeter son emblème, ce dernier a répondu : «Le drapeau étant sacré, il est impossible de le remiser une fois sorti.» A Alger, le comité directeur des AML a décidé d'organiser, à l'occasion de la fête du Travail, des manifestations autour du drapeau algérien. Hélas, le préfet Perillier, à qui les dirigeants des AML ont demandé l'autorisation de défiler, avait déjà préparé son plan. Selon l'auteur des massacres coloniaux, Yves Benot, «En avril 1945, le préfet d'Alger, Perillier, crée des incidents à Reibell où est assigné à résidence Messali Hadj, et en prend prétexte pour faire déporter le dirigeant nationaliste, le 23 avril, d'abord dans le Sud, à El-Goléa, puis en AEF (Afrique de l'Est française)».
Le 1er mai, à 17 heures 30, un cortège de près de 20.000 Algériens s'est ébranlé de la rue d'Isly. Dès l'apparition du drapeau vert et blanc, des soldats français, qui étaient sur leur passage, ont ouvert le feu sur les manifestants brandissant le drapeau algérien. Les témoins de la fusillade ont raconté que lorsque Mohamed El-Haffaf a été mortellement atteint d'une balle, il avait tout de même eu le courage de dire à son voisin: «Je suis touché, reprends le drapeau.»
Ce jour-là, trois autres militants du PPA, Abdelkader Ziar, Mohamed Laïmèche et Ahmed Boughalmalah, ont été tués sur le coup. Les sept autres ont succombé quelques jours plus tard à leurs blessures. Le lendemain, les funérailles de Mohamed El-Haffaf ont réuni un monde fou. C'était aussi une occasion, pour le comité directeur, de faire le bilan des dégâts de la veille. Les dirigeants de la capitale ont appris les incidents qui ont eu lieu à Bougie, Guelma et Oran. Dans la capitale de l'Ouest algérien, le bilan a été d'un mort et de plusieurs blessés.
Par ailleurs, bien que les autorités coloniales aient décidé d'utiliser tous les moyens pour que le drapeau algérien n'apparaisse pas dans les défilés, la direction des AML a décidé de laisser l'initiative aux directions locales. Les sections d'Alger et d'Oran étant décimées par les arrestations, ces deux grandes métropoles n'ayant pas connu de manifestations le 8 mai 1945. En revanche, dans les petites et moyennes villes du pays, la mobilisation a été au rendez-vous. A nouveau, la bataille autour du drapeau a repris de plus belle. A Sétif, les organisateurs ont harangué la foule avant le départ du cortège. Ils ont insisté sur le caractère pacifique de la manifestation. Mais, pour ces derniers, il ne fallait pas qu'ils subissent des humiliations, surtout si le symbole était visé. Arrivés à la hauteur du café de France, les manifestants ont été arrêtés par le commissaire Olivieri et les inspecteurs Laffont et Haas. Ils les ont sommés de jeter le drapeau et les pancartes où les principaux slogans étaient «L'indépendance de l'Algérie et la libération de Messali». Pour J.L. Planche, c'est à ce moment-là que le dérapage a eu lieu. Un des inspecteurs, fou de rage, a dégainé son arme. Il a abattu le porte-drapeau. La panique a saisi ensuite toute la ville.
A Guelma, les militants des AML ont célébré l'armistice à 17 heures de l'après-midi. Bien que les drapeaux des alliés aient été fortement présents, les manifestants n'ont pas remisé le leur. Il ne restait que 500 mètres aux marcheurs pour déposer la gerbe de fleurs. Soudain, le sous-préfet Achiary a surgi. «Jetez vos drapeaux et pancartes», a-t-il intimé l'ordre aux manifestants. Au refus d'obéissance à cette injonction, note J.L. Planche, «comme sous un coup de fouet, Achiary saisit le revolver dont il s'est armé, entre dans la foule droit sur le porte-drapeau et tire. Son escorte ouvre le feu sur le cortège qui s'enfuit, découvrant dans son reflux le corps du jeune Boumaza». Pour conclure, la bataille, menée à mains nues par les Algériens autour du drapeau, a permis de connaître le vrai visage de la colonisation. Avec un arsenal de guerre impressionnant, les colonialistes étaient prêts à éteindre toutes les voies appelant à l'indépendance. Bien que les Algériens n'aient pas été organisés à l'échelle nationale - jusque-là, c'était des révoltes localisées, à l'exception de celle de l'Emir Abdelkader -, les animateurs du mouvement national avaient pris conscience de la nécessité impérieuse d'une lutte unifiée.
L'enseignement de cette semaine sanglante était que face au système violent incarné par le colonisateur, il fallait développer une violence plus grande en intensité pour le vaincre. Le chemin pour la guerre d'Algérie a été ainsi amorcé à Sétif et à Guelma.
par Aït Benali Boubekeur
ZOHRA LA FEMME DU MINEUR
Dans Miliana, la rose du Zaccar, l'arabe se mêle au français, à l'italien, à l'espagnol. Dans cette ville cosmopolite, et bigarrée des années 1920, de citadins et de mineurs venus d'un peu partout, est racontée l'histoire d'une famille algérienne, vivant dans ta tranquillité et la simplicité, dans la dévotion et la croyance. Mais pour devenir " civilisé ", il faudra payer le prix. Et quel prix ? Celui de la dégradation de la personnalité humaine…
La trame de l'histoire est très simple en elle-même. L'intrigue anodine n'est là que pour gonfler le roman Si Miliani, honnête homme, croyant, respecté, travaille à la mine de fer de Zaccar. Pendant ce temps, sa femme encore jeune garde et entretient la maison Tout irait pour le mieux dans le meilleur du monde si ce début de conte de fées n'était perturbé par le vivant, mais énigmatique Grimecci, un Italien ami de Miliani. Cet ami entraînera le respectueux et respecté Miliani à la boisson.
Ce même ami qui lui a appris à boire, l'enverra en prison pour une nuit d'abord, cinq ans ensuite. Devant le changement subit de Miliani, Zohra sa femme essaiera de le raisonner, puis attendra et patientera enfin jusqu'à sa mort en emportant avec elle l'image de son mari d'avant. Le jour même où est enterrée sa femme, Miliani inculpé injustement de meurtre sera condamné à cinq ans de travaux forcés. Le vraie assassin n'écopera que d'une année.
Quant à l'intrigue, elle tourne entre Miliani et Zohra, noyau principal Grirnecci, sa femme Thérèse et Rosette, une jeune juive.
L'Italien abandonne sa femme pour aller vivre avec Rosette. Thérèse jalouse tuera son mari avec le fusil de Miliani.
Miliani n'aura pas le courage, à sa sortie de prison, de revenir à Miliana. Il ira au Maroc sous un autre non : " El Menssi " en souvenir de sa femme qu'il avait " oubliée ".
Mais au-delà de la simple trame de l'histoire, l'auteur a soulevé quelques problèmes encore vivaces : critique du maraboutisme, des superstitions et " des fils presque innombrables des marabouts". (Page 89),
L'exploitation de l'Algérien, par le Français, l'inégalité dans le travail entre l'Algérien et les autres, la supériorité de la langue. " Comment... Tu oses comparer la langue française à une langue de sauvages ? ".
Le rôle et l'attitude de femme algérienne décrits sans tâches, ni bavures, tout au long de ce livre, comme la gardienne de la personnalité algérienne.
Sans entrer dans le détail, à partir de dialogues ou d'anecdotes, l'auteur critique le pays occupant à travers l'attitude de ses ressortissants et son " rôle civilisateur " dont le premier précepte est de boire, le second, de faire fi de la religion. Cette civilisation entraînera Miliani dans la dégradation :
"Celui-ci ne faisait plus les cinq prières quotidiennes... on se lasse vite de bien faire, de vivre en paix…Autrefois, il s'interdisait de regarder le visage d'une femme même européenne, il devint moins sévère pou lui-même ": (Pages 23 -24).
Doucement la pente entraînera Miliani vers sa perdition et ce n'est qu'après avoir payé de la vie de sa femme et de cinq années de la sienne qu'il reprendra une autre vie.
Ce roman, écrit en français par un Algérien, est le premier du genre. Découvert par hasard aux archives de la wilaya d'Alger, le livre a été écrit vers les années 20, et édité aux " Editions associés " en 1925.
L'auteur Abdelkader Hadj Hamou, dont nous ne connaissons presque rien, est un Milianais. Albert de Pouvourville, lui aussi inconnu, dit dans une préface de deux pages, que ce livre est écrit " par un Berbère, par un homme de race africaine et brune ".
Revenons à cette préface; chef d'oeuvre de racisme et de paternalisme, où cet inconnu vante les bienfaits de la colonisation (pardon civilisation) française.
" La France est la seule des puissances coloniales qui ait acquis son domaine extérieur dans un but spirituel... Donc il faut parler d'une très belle victoire de la nation régénératrice et productrice. "
Quelques lignes plus bas, le ton paternaliste revient et nous rappelle celui de notre instituteur nous tirant l'oreille à chaque faute d'orthographe. Qu'on en juge :
"Le lecteur s'en apercevra sans peine aux ingénuités de la trame romanesque, aussi bien qu'aux naïvetés presque enfantines de telle tournure de phrase, qui relèvent de l'âge des premières dents... "
Il conclut ainsi par cette tirade combien grande et généreuse comme la France.
" Et nous n'avons voulu rien chercher de plus, nous autres, premiers et modestes, mais ardents constructeurs de l'empire colonial de notre pays "
Pour en revenir au livre, disons que loin d'être un chef-d'œuvre, il est intéressant du fait qu'il nous renseigne sur la vie quotidienne d'une ville algérienne des années 20-25, et aussi parce que c'est le premier roman écrit en français par un Algérien.
La coloration locale si bien détaillée, la vie des Algériens si bien décrite, la richesse et la variété des thèmes abordés quoique superficiellement, pourraient donner naissance, avec ce retard, à un grand film, voire donner lieu à une réédition.
ABROUS Toudert.
El- Moudjahid Culturel n° 243 du mercredi 25 mai 1977. p. 03
Retour sur la genèse du Web et les premières étapes de sa création au sein d'un laboratoire du CERN par Tim Berners-Lee.
Le fondateur, Tim Berners-Lee
En 1989, les PC étaient encore une nouveauté pour la plupart des gens et, en dehors des milieux scientifiques, rares sont les personnes qui avaient déjà entendu parler d’Internet.
Tout cela était sur le point de changer : le 13 mars 1989, un chercheur nommé Tim Berners-Lee, travaillant au CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire, soumet un projet très sérieux : «le problème de la perte d’information dans des systèmes complexes et évolutifs» ; il propose «une solution basée sur un système distribué hypertexte».
Les principes fondateurs du document «Gestion d’informations : une proposition» (copie ci-dessous) ne font pas directement penser à quoi que soit qui ressemble au Web tel qu’on le connaît aujourd'hui. Notez en haut du document l’inscription manuscrite du patron de Tim Berners-Lee, Mike Sendall, qui considère la proposition «vague, mais excitante».

Le document, que cet Anglais, aujourd'hui âgé de 53 ans, a conservé plaidant pour la mise en place d'un réseau universel basé sur l'hypertexte -le langage de programmation qui permet de générer des liens entre pages sur la Toile- contenait un diagramme compliqué avec un cercle estampillé Mesh au centre.
"J'ai réfléchi à ce mot mesh et me suis dit que ça sonnait un peu trop comme foutoir [mess en anglais, NDLR]", raconte M. Berners-Lee, qui jeta finalement son dévolu sur l'expression World Wide Web en mai 1990.
Le directeur général du Cern de l'époque, Rolf-Dieter Heuer, un physicien allemand, se rappelle qu'il n'a "pas cherché à en savoir plus". "Nous n'avons pas prévu le formidable phénomène que ce nouveau système allait provoquer", note-t-il modestement.
Sur la base des premières expériences, le Cern fournit ensuite une sorte de matrice pour les premiers développements du Web. Il accueillit une foule d'informaticiens qui s'ingénièrent à résoudre les problèmes.
De façon tout à fait inhabituelle pour l'époque, "il y avait un ordinateur sur chaque bureau, remarque M. Heuer. Le maître mot du projet était : Partageons ce que nous savons". Pour autant, les Berners-Lee, Cailliau, Segal et Jean-François Groff, un jeune informaticien français qui effectuait son service civil au Cern, eurent à vaincre certaines réticences. "Se connecter depuis nos laboratoires sur un réseau externe au Cern était en fait interdit jusqu'en 1988-1989, rappelle M. Segal. Le Cern est plein de types intelligents qui ont des bonnes idées. Celle-là n'en était qu'une de plus", poursuit-il.
Il fallut plus d'une année à Berners-Lee pour développer un navigateur Internet. L'intéressé se souvient que quand ses acolytes et lui firent les premières démonstrations, et que d'un simple clic sur un lien, une nouvelle page apparaissait, les réactions se résumaient alors souvent à un Et alors ?".
"Après, ça a vraiment démarré parce que les gens d'un bout à l'autre de la planète, de simples gens, se sont impliqués", raconte M. Berners-Lee.
"L'universalité, telle était la règle. Et ça a marché", ajoute-t-il.
Le premier serveur hors d'Europe à être connecté à celui du Cern, en Californie, le fut fin 1991. Puis en 1993, le Cern mit le navigateur dans le domaine public.
Vingt ans après ses débuts, le Web n'a pas encore livré tout son potentiel, juge M. Berners-Lee. "C'est juste la pointe de l'iceberg." ". En octobre 1990, les hommes mettent au point le premier navigateur internet. La similitude avec les navigateurs actuels est frappante. Et sur leur ordinateur NeXT, l'équipe de génies démontre que même la conception de site web, via leur logiciel est d'une simplicité redoutable. Ce sera dès 1991 que ces technologies sont mises à disposition du grand public. Le Web décolle grâce à l'idée du CERN de ne percevoir aucune royaltie sur son invention. Et dès 1993 est créé, par l'Université de l'Illinois, Mosaic, le père de tous les navigateurs actuels.
L'idée d'un système de partage des informations entre scientifiques basé sur un maillage d'adresses. Aujourd'hui, la "Toile" compte plus de 200 millions de sites, en brutale augmentation ces dernières années. Auxquels peuvent accéder plus de 1,5 milliard de personnes dans le monde (données issues de World Stat Internet).
Retour sur les 10 sites stars du Web
Incontestablement, la grande star du Net. Le célèbre moteur de recherche est né le 15 septembre 1997, quand deux étudiants de l'Université de Stanford, Larry Page et Sergey Brin, déposent le nom de domaine Google.com. Objectif du site : organiser la masse d'informations sur Internet grâce à un système d'indexation plus efficace que les moteurs de l'époque (AltaVista, Yahoo, etc.).
Créé en février 2004 par Mark Zuckerberg, Facebook avait pour vocation de mettre en relation les étudiants du campus de l'université de Harvard. Depuis, le site s'est étendu au reste du monde et revendique plus de 175 millions de membres, sur chaque continent, même au Pôle Sud.
YouTube est un site sur lequel les internautes peuvent envoyer, partager et visualiser des vidéos. Créé en février 2005, il fut racheté deux ans plus tard par Google. Véritable phénomène du Web, il accueille des centaines de millions de clips amateurs ou officiels.
C'est l'équivalent en photos de YouTube. Le site héberge une collection de plus de 3 milliards de photos partagées par plus de 30 millions d'internautes. Fondé en 2004, Flickr fut racheté l'année suivante par le portail américain Yahoo.
Lancé en 2001, Wikipédia est la première encyclopédie libre sur Internet. Ses articles sont rédigés par des contributeurs bénévoles et peuvent évoluer ou s'enrichir d'informations supplémentaires apportées par d'autres internautes. A ce jour, plus de 12 millions d'articles ont été publiés dans 250 langues.
Fondé en 1995, Yahoo! était à ses origines un annuaire sur Internet. Petit à petit, le site s'est transformé en "portail Internet", regroupant de nombreux services gratuits et payants, dont un moteur de recherche, un fil d'information, une messagerie électronique, une messagerie instantanée, une plateforme de partage de photos (Flickr), etc. Aujourd'hui, 500 millions d'internautes consultent chaque mois Yahoo!
Fondé en 1995, eBay est un site de ventes aux enchères entre particuliers. Tout s'y vend, tout s'y achète, d'un vieux disque vinyle à la place d'un concert en passant par la voiture que conduisit Obama avant d'être élu président.
A l'image de Facebook, MySpace est un site Internet de réseau social. Fondé en 2003, il met l'accent sur la musique. Ses membres, qu'ils soient musiciens ou non, peuvent créer leur propre espace web, publier des articles, des photos, ainsi que des vidéos et des fichiers audio.
C'est "LA" boutique du Web. Lancée en 1995, ce site propose à la vente des milliers d'articles culturels et électroniques : livres, CD, DVD, appareils photo numériques, jeux vidéo, etc. On y trouve également, selon les pays, des vêtements, des jouets ou des accessoires autos. Le 15 décembre 2008, Amazon a vendu 6,3 millions d'articles à travers le monde, soit 79,2 acquisitions par seconde.
Twitter est un site de réseau social qui permet à l'utilisateur de tenir un micro-blog sur lequel il signal à son réseau ce qu'il est en train de faire à travers de courts messages (les "tweets"). Le principal atout de ce service gratuit créé en 2006 aux Etats-Unis est son interface de programmation ouverte et simple d'utilisation. Selon la société HubSpot, Twitter enregistre entre 5.000 et 10.000 nouveaux membres chaque jour.
Actuellement au World Wide Web Consortium (W3C) les recherches portent sur le Web Sémantique. Celui-ci permettra à l'utilisateur de faire une recherche en posant une question "naturellement", et plus par mots clés. Le web sémantique doit aussi permettre de retrouver des images, textes ou vidéos sur une personne ou une société alors qu'ils ne sont pas liés entre eux. Et ce, justement, garantit Tim Berners-Lee, en créant des garde-fous pour éviter toute ingérence dans la vie privée des internautes.
Rolf Heuer, directeur général du CERN, a déclaré pour l’occasion : «L’année 2009 a été déclarée année de la créativité et de l’innovation par l’Union européenne. Le 20ème anniversaire de la Toile permet de rappeler le puissant rôle que la créativité joue dans la recherche fondamentale en tant que moteur de l’innovation».
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Un rapport catastrophiste du LEAP, groupe d'experts européens, nous promet des troubles sociaux majeurs pour le 4e trimestre 2009.
Que faire pour éviter qu'un tel chaos s'abatte sur le monde?
I saw the images and they were disturbing. Images are of the Israeli assault against civilians in Gaza. I did not imagine things in Gaza are going as they are; therefore I forwarded it on to you so that you witness the crimes against humanity that the Israelis carry out.
إنجاح هذا المشروع بنشره مع العلم أن الكلمات التالية هي منتقاه لتكون متوافقة مع جميع الثقافات فما يلي هو ترجمة لما سيتم نشره
عزيزي هذه صور للهجوم الذي يقوم به الجيش الإسرائيلي على المدنيين في غزة , شاهدت الصور و أزعجتني جدا لما فيها من إهانه لحقوق الإنسان بقتل وتعذيب للأطفال والمدنيين و لم أكن أعلم أن الأمور تسير في غزة بهذه الصورة , فأرسلتها لك لتعرف أنت أيضا ما يحدث
«La Gerboise Bleue», quelle jolie et indécente appellation pour désigner les essais atomiques français «assassins» commis en 1960/61 dans le Sud algérien, dans la localité de Hamoudia (daïra de Reggane). «Nous avons servi de cobayes humains durant les premiers essais atomiques français à Reggane», a indiqué Gaston Morisot, l’un des militaires français, présent sur le site de l’explosion de la première bombe atomique française, le 13 février 1960, près de Reggane.
Ce témoignage accablant et sans appel, d’un «survivant», a été au centre du documentaire La Gerboise Bleue de Djamel Ouahab. Il a été présenté en avant-première dans la soirée de lundi à Paris, en présence de parlementaires français et d’un public nombreux. L’oeuvre évoque les dégâts causés sur les militaires et les populations locales après ces essais.
Un relent de «préméditation» se dégage, si l’on décrypte les témoignages des soldats vétérans qui ont assisté aux essais de La Gerboise Bleue. En effet, comment expliquer que «près de 6000 cercueils ont été entreposés à la base de Reggane pour faire face aux éventuelles pertes en vies humaines qu’occasionnerait cet essai», selon l’un des témoins, ancien militaire français.
Le témoignage «vivant» de Gaston Morisot, qui a accompagné le cinéaste algérien sur les lieux du premier essai, est sans équivoque et sans appel. «Nous étions 18 personnes. On nous a ordonné de rester sur place et de tourner le dos à l’explosion. Nos supérieurs ont pris la fuite bien avant l’explosion. Ils nous ont abandonnés une semaine sur place, avant qu’ils ne fassent leur réapparition», a déclaré le soldat Morisot avant de conclure: «Nous avons servi de cobayes humains.» Lucien Parfait, un autre militaire contaminé, a été chargé de récupérer un compresseur exposé aux radiations sur le site d’In Ecker, dans la région de Tamanrasset. Il est aujourd’hui complètement défiguré. Sous l’oeil de la caméra, il ôte le pansement qui lui couvre une partie du visage devenu celui d’un «monstre».
Un énorme trou à la place de l’oeil gauche à travers lequel on peut voir sa gorge, un nez complètement détruit et d’énormes ecchymoses sur le visage et sur le cou...
Djamel Ouahab s’est également intéressé aux populations autochtones. Il montre ainsi de vieux Adraris (habitants d’Adrar) qui ont perdu la vue à cause de l’intense lumière dégagée par l’explosion et deux fillettes souffrant de malformations congénitales.
Un médecin du secteur sanitaire d’Adrar confirme la «fréquence anormale» de naissances de bébés malformés dans la région. Le réalisateur montre également les dégâts occasionnés à l’environnement de la région.
Tout au long de ce film, Djamel Ouahab, caméra au poing, donne la parole aux deux vétérans français, tantôt à la population d’Adrar, tout en étayant ses argumentaires avec des déclarations d’un médecin, d’un juriste, de membres de l’Association des vétérans victimes des essais nucléaires (Aven). La plus surprenante déclaration reste incontestablement celle du porte-parole du ministère français de la Défense, qui a affirmé que «toutes les dispositions de sécurité ont été prises avant l’essai atomique» qui s’est déroulé selon lui «dans une région inhabitée». Il pousse l’indécence jusqu’à «expliquer» que les essais étaient «sans danger» et qu’il n’y avait «aucun cas de personnes irradiées» et que toute la zone a été «nettoyée»!! «Nous ne voulons pas d’indemnisation mais d’une reconnaissance». «C’est pour notre honneur», a déclaré fièrement Gaston Morisot dans le film. 8000 soldats étaient mobilisés, dont 195 ont été irradiés parmi lesquels 12 sont morts suite à des contaminations. 6500 Français entre chercheurs, ingénieurs, savants...,3500 ouvriers essentiellement algériens, dont la majorité était formée de détenus, étaient également présents.
Cet essai nucléaire, «La Gerboise Bleue», a été suivi de trois autres du même nom. «Blanche» et «Rouge» la même année et «Verte», en avril 1961. Treize autres explosions souterraines ont eu lieu entre le 07/11/1961 et le 16/02/1966 à In Ecker, dans le Hoggar.
En tout, la France a effectué 17 essais nucléaires dans le Sud algérien entre le 13 février 1960 et le 27 janvier 1966.
La sortie de ce film est prévue pour le 12 février prochain en France à la veille du 49e anniversaire du premier essai nucléaire français. Le réalisateur souhaite que son oeuvre suscite un débat et apporte un éclairage sur ces faits classés encore «secret défense.» Le film sera présenté le 24 février prochain à Alger.
L'Expression
http://www.islamonline.net/English/In_Depth/GazaHolocaustMuseum/topic_01/index.shtml
"… they [ the Palestinians] will bring upon themselves a bigger 'shoah' [a Hebrew word for catastrophe and a synonym for the Nazi Holocaust] because we will use all our might to defend ourselves."
Israel's deputy defense minister Matan Vilnai told Army Radio on Friday, February 29, 2008
The Palestinian Holocaust Memorial Museum (PHMM) will feature the photos, names and stories of Palestinian children killed by Israeli forces in the context of a new Holocaust. PHMM will highlight the elements of the new Holocaust; the locations, weapons and impacts. Testimonies of the survivors will also be published..
Traduction :
"… ils [les Palestiniens] apporteront sur eux la plus grande 'shoah' [un mot hébreu pour la catastrophe et un synonyme pour l'Holocauste Nazi] parce que nous utiliserons toute notre force pour nous défendre."
Le député Matan Vilnai , ministre de la Défense Nationale d'Israël à la Radio de l'armée le vendredi, 29 février 2008
Le Musée du Mémorial de l'Holocauste palestinien (PHMM) montrera les photos, des noms et les histoires d'enfants palestiniens tués par des forces israéliennes dans le contexte d'un nouvel Holocauste. PHMM mettra en évidence les éléments du nouvel Holocauste; les emplacements, armes et impacts. Les preuves des survivants seront aussi publiées..
http://www.islamonline.net/English/In_Depth/GazaHolocaustMuseum/topic_01/index.shtml
“ Depuis près de six ans, le gouvernement israélien tue par semaine entre 10 et 20 Palestiniens, enlève les hommes et les femmes par dizaines, détruit les habitations, les champs et les infra-structures, enferme et empêche les habitants de Gaza et de Cisjordanie de circuler librement chez eux. Alors, quand un groupe de résistants, "terroristes" pour les Israéliens, "activistes" pour les autres, capture un soldat chargé de surveiller la grande prison à ciel ouvert qu’est Gaza, l’Oc-cident, l’Europe, la France et sa presse indépendante trouvent que c’en est trop pour Israël. Cet État "seule démocratie au Proche-Orient" est également le seul État à avoir le droit de tuer des civils, d’enlever des ministres et des députés élus démocratiquement, dans un pays en lam-beaux, seule démocratie sous occupation dans le monde.

Il y a quelque chose d’irréel dans ce monde libre voulu par Bush et Blair. On se frotte les yeux et on tend les oreilles pour réaliser que c’est bien la réalité. Celle des bombes puissantes qui pulvé-risent les réfugiés libanais sur la route de l’exode. Celle d’une télévision qui choisit de ne pas montrer ce qu’on ne doit pas voir. On se dit alors, que nous n’avons rien compris. Le malaise qu’on éprouve devant notre poste de télévision vient de notre incapacité à comprendre les nouvelles règles du jeu. [...]
Les 11 règles du journalisme
Voici, en exclusivité, ces règles que tout le monde doit avoir à l’esprit lorsqu’il regarde le JT le soir, ou quand il lit son journal le matin. Tout deviendra simple.
Règle numéro 1 : Au Proche-Orient, ce sont toujours les Arabes qui attaquent les premiers, et c’est toujours Israël qui se défend. Cela s’appelle des représailles.
Règle numéro 2 : Les Arabes, Palestiniens ou Libanais n’ont pas le droit de tuer des civils de l’autre camp. Cela s’appelle du terrorisme.
Règle numéro 3 : Israël a le droit de tuer les civils arabes. Cela s’appelle de la légitime défense.
Règle numéro 4 : Quand Israël tue trop de civils, les puissances occidentales l’appellent à la retenue. Cela s’appelle la réaction de la communauté internationale.
Règle numéro 5 : Les Palestiniens et les Libanais n’ont pas le droit de capturer des militaires israéliens, même si leur nombre est très limité et ne dépasse pas trois soldats.
Règle numéro 6 : Les Israéliens ont le droit d’enlever autant de Palestiniens qu’ils le souhaitent (environ 10 000 prisonniers à ce jour, dont près de 300 enfants). Il n’y a aucune limite et ils n’ont besoin d’apporter aucune preuve de la culpabilité des personnes enlevées. Il suffit juste de dire le mot magique "terroriste".
Règle numéro 7 : Quand vous dites "Hezbollah", il faut toujours rajouter l’expression "soutenu par la Syrie et l’Iran".
Règle numéro 8 : Quand vous dites "Israël", il ne faut surtout pas rajouter après : "soutenu par les États-Unis, la France et l’Europe", car on pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.
Règle numéro 9 : Ne jamais parler de "Territoires occupés", ni de résolutions de l’ONU, ni de violations du droit international, ni des conventions de Genève. Cela risque de perturber le télé-spectateur et l’auditeur de France Info.
Règle numéro 10 : Les Israéliens parlent mieux le français que les Arabes. C’est ce qui explique qu’on leur donne, ainsi qu’à leurs partisans, aussi souvent que possible la parole. Ainsi, ils peuvent nous expliquer les règles précédentes (de 1 à 9). Cela s’appelle de la neutralité journalistique.
Règle numéro 11 : Si vous n’êtes pas d’accord avec ces règles ou si vous trouvez qu’elles favo-risent une partie dans le conflit contre une autre, c’est que vous êtes un "dangereux antisémite".”
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Source : Michel Collon http://www.michelcollon.info/ |
Ce documentaire totalement inédit passe à la loupe un des aspects les plus calomnieux de l’histoire du cinéma et que personne n’avait jamais osé contesté, depuis l’époque du muet jusqu’aux grandes productions hollywoodiennes d’aujourd’hui.
Présenté par Jack Shaheen, Ph.D., auteur réputé, le film relève la longue succession d’images dégradantes qui ont été utilisées pour représenter les Arabes au cinéma. Des bandits bédouins aux jeunes filles soumises, en passant par les cheiks sinistres et les terroristes armés, ce documentaire jette un éclairage dévastateur sur l’origine de ces portraits stéréotypés et sur leur apparition à des moments clés de l’histoire des États-Unis, démontrant du même coup les lourdes conséquences de cette représentation aujourd’hui.
Jack Shaheen montre comment, au fil des ans, la persistance de ces images a fait en sorte de banaliser les préjugés entretenus à l’égard des Arabes et de la culture arabe, ce qui aurait eu pour effet de renforcer une vision étroite des individus d’origine arabe et d’accroître les répercussions des politiques intérieures et internationales des Etats-Unis sur leur vie.
En incitant le spectateur à réfléchir sur les conséquences sociales, politiques et simplement humaines de ces caricatures hollywoodiennes, ce film souhaite faire reconnaître l’urgence d’offrir un point de vue opposé qui rendrait justice à la diversité et au caractère humain du peuple arabe, tout en faisant ressortir le vrai visage et la richesse de l’histoire et de la culture arabes.
in http://www.radio-canada.ca/documentaires/play-video/index.asp?idContenu=3835
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Reel Bad Arabs
How Hollywood Vilifies a People (Comment Hollywood Diffame un Peuple)


